Pourquoi Virgin Megastore dépose le bilan

La direction de l'enseigne culturelle a confirmé aujourd'hui qu'elle allait déposer le bilan. Francetv info revient sur les raisons de cette décision.

Selon les syndicats, la direction de Virgin Megastore va déposer le bilan le 9 janvier 2013. 
Selon les syndicats, la direction de Virgin Megastore va déposer le bilan le 9 janvier 2013.  (MAXPPP)

La direction de Virgin Megastore va déposer le bilan mercredi, ont annoncé les syndicats mardi 8 janvier, à l'issue d'une réunion du comité d'entreprise (CE) extraordinaire. L'information a été confirmée par la direction mardi en fin d'après-midi.

Les élus du CE, réunis pour examiner "le projet de déclaration de cessation de paiement" de la société en difficulté financière, ont indiqué avoir refusé de rendre un avis. Selon eux, la direction a considéré qu'ils avaient rendu un avis négatif, ce qui lui permet de passer outre.

"La présidente (de Virgin, Christine Mondollot) va aller au tribunal de commerce", a précisé Jean-Luc Breyne, élu CGT au CE. Ensuite, "un administrateur va être nommé", a-t-il ajouté, jugeant que "tout [allait] dépendre" de cet administrateur pour le sort des quelque 1 000 salariés de l'enseigne qui compte 26 magasins en France. C'est à lui que reviendra la responsabilité de trouver un repreneur, ou de liquider la chaîne Virgin Megastore. Francetv info revient sur les raisons de cette décision.

La concurrence d'Amazon et Apple

Comme d'autres distributeurs spécialisés dont la Fnac, l'enseigne est victime de l'effondrement des marchés physiques du disque et du DVD, et de la concurrence des grands acteurs du web, comme Amazon ou Apple. Acheter un produit culturel sur internet est un geste devenu banal pour les consommateurs. Livres, CD, DVD, tout est disponible en un clic. Dans les enseignes traditionnelles, le marché des produits culturels est en baisse : -15% en moyenne sur l'année 2012. Dans le même temps, les ventes sur internet explosent : + 21%.

Des erreurs stratégiques

Comme le montre cette vidéo, les employés ne semblent pas réellement surpris de cette nouvelle, inéluctable d'après leurs témoignages. Si tous admettent que la concurrence d'Amazon ou Apple est pour beaucoup dans la chute du groupe, certains n'hésitent pas à blâmer les choix de la direction et des actionnaires.

France 2 et France 3

Pour les syndicats, Lagardère (qui détient 20% du capital) et le fonds d'investissement Butler Capital Partners (l'actionnaire majoritaire) n'ont pas su anticiper la crise du disque. Loïc Delacourt, délégué CFE-CGC et responsable du rayon musique du Virgin des Champs-Elysées estime, au micro de France info, qu'ils n'ont "pas été à la hauteur". "La crise du disque date de 2001, explique-t-il. A partir de 2005, on aurait pu réduire les surfaces, aller sur de nouveaux produits." "Lagardère n'a absolument rien fait, il a juste racheté le nom pour avoir Virgin Radio", dénonce l'élu CFE-CGC.

Les syndicats avaient obtenu qu'un représentant de Butler Capital Partners soit présent à la réunion, mardi. Mais, selon Guy Olharan (CGT), ils se sont "heurtés à une fin de non-recevoir" de sa part. "Butler refuse de prendre ses responsabilités pour financer le volet social de tout ce qui va malheureusement suivre", a-t-il déploré au nom des élus du CE. Avant de conclure : "C'est la collectivité qui paiera."

Des loyers très élevés

La chaîne Virgin Megastore est endettée à hauteur de 22 millions d'euros et la mort annoncée des supports physiques (CD, DVD...) n'est pas la seule au banc des accusés. Le magasin vitrine de la marque, situé dans un immeuble de 26 000 m2 sur les Champs-Elysées, coûte une fortune en loyer. Le groupe avait d'ailleurs évoqué une possible fermeture de l'emblématique "plus grand magasin culturel du monde", qui génère 20% du chiffre d'affaires de la chaîne, en décembre 2012.