Le procès Goodyear c'est "l'argent contre les gens", regrette François Ruffin

Alors que le procès aux prud'hommes de plus de 800 salariés de l'usine Goodyear d'Amiens débute jeudi, le député La France insoumise estime que la délocalisation pour raison économique décidée par l'équipementier est hors de propos.

Un salarié de l\'usine Goodyear d\'Amiens lors d\'une manifestation, le 17 septembre 2009.
Un salarié de l'usine Goodyear d'Amiens lors d'une manifestation, le 17 septembre 2009. (NATHANAEL CHARBONNIER / FRANCE-INFO)

Le procès aux prud'hommes de plus de 800 anciens salariés de l’usine Goodyear d’Amiens qui attaquent le géant du pneumatique pour "licenciement sans cause économique réelle et sérieuse" a débuté jeudi 4 octobre à Amiens.

Pour François Ruffin, député France insoumise de la Somme, ce procès est celui de "l'argent contre les gens", explique-t-il sur franceinfo. "On a l'argent avec le rapport annuel brandi par l'avocat et qui montre que Goodyear a fait, pendant plusieurs années, plus d'un milliard d'euros de bénéfices, alors qu'il parle de raisons économiques" pour justifier ces licenciements. "Il est très clair que cela a été une pure opération de délocalisation, du dumping social, fiscal, environnemental, en allant en Pologne."

Goodyear jugé avec les lois "de l'ancien monde"

François Ruffin dénonce "un arrière-fond politique" dans ce procès. "Aujourd'hui, ce procès ne pourrait plus avoir lieu. Aujourd'hui, la multinationale gagnerait d'emblée parce que les Goodyear sont jugés par les lois de ce que Macron appelle l'ancien monde, c'est-à-dire par les lois où on regarde les bénéfices de l'ensemble du groupe." Selon le député, "aujourd'hui, on ne regarderait que les résultats de la petite entreprise qui se trouve à Amiens dont on aurait organisé le déficit."