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Florange : les ArcelorMittal maintiennent la pression

Les sidérurgistes ont bloqué, vendredi, la gare de triage d'Ebange (Moselle), qui alimente leur usine. Ils protestaient contre les annonces contradictoires concernant le redémarrage des hauts-fourneaux.

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Les métallos ont bloqué, durant quelques heures, la voie ferrée. (PATRICK HERTZOG / AFP)

C'est leur cinquième action "coup de poing" en moins de deux semaines. Les syndicats d'ArcelorMittal ont maintenu la pression sur leur direction en bloquant, vendredi 2 mars, à Ebange (Moselle), la ligne ferroviaire France-Luxembourg. C'est par cette voie que passent tous les convois approvisionnant en acier l'usine de Florange. 

Au même moment, les dirigeants du groupe sidérurgique ont annoncé au comité d'entreprise un début "rapide" de la maintenance de l'un des hauts-fourneaux de Florange, mais sans garantir son redémarrage.

Quelles sont les revendications des salariés ?

Les métallos ont occupé pendant près de deux heures les voies ferrées, perturbant la circulation des trains, y compris des TGV, avant d'être délogés par la gendarmerie mobile. Une cinquantaine de militants CFDT et CGT étaient à la manœuvre. FO et la CGC/CFE n'ont pas pris part à ce blocage.

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"L'objectif est de perturber la production pendant au moins 24 heures", explique un syndicaliste. "Lorsqu'un rat est piégé, il vous saute à la gorge", argumente le leader de la CFDT, Edouard Martin.

Les salariés demandent le redémarrage des hauts-fourneaux de Florange, en sommeil depuis plusieurs mois. Ils occupent une partie du site depuis le 20 février"Notre problème, nos revendications, restent toujours les mêmes : pérennisation, redémarrage des hauts-fourneaux et investissements dès maintenant", résume Edouard Martin, l'un des responsables de la CFDT.

Quels sont les engagements de la direction ?

Pendant ce temps, au siège d'ArcelorMittal France à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), la direction a assuré aux syndicats que les travaux de maintenance de l'un des hauts-fourneaux de Florange débuteraient "très rapidement", mais sans évoquer une reprise de l'activité de la filière chaude du site.

Jeudi, Nicolas Sarkozy avait assuré sur France Inter que le haut-fourneau P6 "repartirait au deuxième semestre", après avoir révélé qu'il avait eu la veille une réunion de travail avec Lakshmi Mittal, le PDG du n°1 mondial de la sidérurgie. Mais ArcelorMittal avait conditionné ce redémarrage à une reprise économique.

Quelles sont les réactions des syndicats ?

Ces propos de la direction visent à "calmer" les métallos, estime Jean-Marc Wecrin de la CFDT. "Mais ça ne nous calme pas. Ils ne nous ont absolument pas parlé de date [de redémarrage pour le P6], poursuit le syndicaliste. On reste sur nos positions."

"Mittal veut nous tuer", renchérit Edouard Martin en affirmant qu'ArcelorMittal aurait refusé cette semaine à Florange des commandes pour son activité packaging (boîtes) "parce qu'ils ne veulent pas justifier le redémarrage de la filière liquide".

Sur les 17 millions d'euros d'investissements annoncés jeudi pour le site, seuls 2, prévus depuis octobre dernier, concernent la filière liquide, qui emploie 500 personnes sur 2 700 à Florange. Les syndicats craignent son abandon pur et simple en Lorraine au profit des sites côtiers, plus rentables, et des pays où les coûts salariaux sont moindres. "Ils se foutent de notre gueule", conclut le responsable Force ouvrière, Walter Broccoli.

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