Montebourg précise les contours d'un Florange sans Mittal

Le ministre du Redressement productif a indiqué qu'un repreneur était interessé par le site, à l'Assemblée nationale. Et qu'une nationalisation temporaire pourrait assurer le relais.

Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, à l\'Assemblée nationale, le 27 novembre 2012.
Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, à l'Assemblée nationale, le 27 novembre 2012. (BERTRAND GUAY / AFP)

FLORANGE – Tout s'accélère du côté de Florange (Moselle). A l'issue d'une rencontre à Paris entre les syndicats de l'usine ArcelorMittal et Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif a donné des précisions concernant le scénario de la nationalisation temporaire du site, évoquée pour la première fois jeudi.

Engagé dans un bras de fer avec l'industriel indien sur la cession totale du site, souhaitée par le gouvernement et rejetée par le groupe, le ministre a dessiné les contours d'un Florange sans Mittal. Piste sérieuse pour les salariés menacés par la fermeture des deux hauts-fourneaux mosellans, ou ultime coup de pression sur Mittal ? Francetv info revient sur les annonces du jour.

Un repreneur partant pour investir 

Dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale, Arnaud Montebourg a d'abord évoqué un mystérieux repreneur, "qui est un aciériste, un industriel, qui n'est pas un financier, qui par ailleurs souhaite investir son argent personnel et, excusez du peu, est disposé à investir jusqu'à près de 400 millions d'euros dans cette installation pour la rénover", a-t-il assuré. Mais voilà, ce repreneur est intéressé par l'intégralité du site et non seulement par les hauts-fourneaux et la cokerie, menacés de fermeture par le groupe. 

France 2

"Cette demande a été formulée avec la perspective que le gouvernement dispose aujourd'hui d'un scénario de nationalisation temporaire du site de Florange", a indiqué le ministre. Cette reprise serait donc envisageable uniquement "au cas où une décision serait prise de fermer les hauts-fourneaux", a-t-il poursuivi. 

Un financement expliqué devant les syndicats 

Comment financer une éventuelle nationalisation du site ? "L'Etat récupérerait 1% de son capital dans GDF Suez", a dit à Reuters Jean-Marc Vécrin, représentant de la CFDT, à l'issue de sa rencontre avec le ministre du Redressement productif. Une information confirmée par Edouard Martin, de la CFDT, mais démentie mollement mercredi soir par Arnaud Montebourg, qui "tient à préciser que la cession de titres GDF Suez n'est pas à l'étude". "Une éventuelle prise de contrôle publique temporaire du site de Florange aurait un impact nul sur les finances publiques", a-t-il toutefois précisé.

L'Etat détient 36% de GDF Suez et 1% du capital représenterait 420 millions d'euros, estime l'AFP. Ce montant permettrait d'acheter le complexe sidérurgique.

Les syndicats ont par ailleurs indiqué que le ministre avait évoqué devant eux une intervention du Fonds stratégique d'investissement (FSI) avant la prise de contrôle définitive de la société repreneuse. Cette nationalisation temporaire permettrait d'assurer le relais avant l'arrivée formelle d'un repreneur.

Un moyen de pression sur Mittal ? 

La nationalisation a été évoquée publiquement pour la première fois il y a à peine une semaine. Pourtant, pour les syndicats, il s'agit d'un scénario désormais crédible. "Montebourg nous a assuré que si Mittal ne fait pas marche arrière, la nationalisation se fera", a déclaré Walter Broccoli. "C'est trop beau pour y croire, a renchéri Edouard Martin, de la CFDT Florange, interrogé par l'AFP. Tout est prêt, le montage financier est ficelé, ils sont prêts !"

Reste à savoir la position qu'adoptera le groupe Mittal. A l'Assemblée, Arnaud Montebourg a rappelé que le gouvernement attendait ses "propositions" "C'est à lui de prendre désormais ses responsabilités."

Le groupe sidérurgiste a donné jusqu'à samedi pour trouver un repreneur pour les hauts-fourneaux, à l'arrêt depuis le 1er octobre. Après quoi, ArcelorMittal entend commencer les procédures pour fermer les installations.