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Florange : Montebourg "clairement désavoué" par son propre gouvernement

Le ministre du Redressement productif a été désavoué par le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, qui a écarté ses propositions pour négocier avec Mittal.

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Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, le 30 novembre 2012, à Paris, avec des employés d'ArcellorMittal. (FRED DUFOUR / AFP)

FLORANGE - A Florange, plusieurs syndicats se sentent "trahis" samedi 1er décembre, par le gouvernement qui ne nationalisera pas le site, mais ils ne sont peut-être pas les seuls. A coup de déclarations enflammées, le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, était parti en guerre contre Mittal pour finalement se faire abandonner en rase campagne par son propre Premier ministre.

Tout était pourtant réuni pour faire des hauts-fourneaux de Florange l'emblème de la mission de redressement productif : une industrie historique à la splendeur fanée (la sidérurgie et les hauts-fourneaux), un bassin d'emploi sinistré et une incarnation du capitalisme transnational dont le ministre dénonce les méfaits (ArcelorMittal). "S'il perd la bataille de Florange, il va être réduit au ministre qui va jeter quelques bouées de secours", estimait d'ailleurs récemment un de ses proches, Malek Boutih, député socialiste de l'Essone. Et Montebourg a perdu. Florange ne sera pas nationalisé pour être revendu ensuite.

Matignon en tire les bénéfices

Dans l'affaire, remarque Thomas Wieder, du Monde, c'est Matignon qui y gagne. Après le coup de pression d'Arnaud Montebourg, Jean-Marc Ayrault, critiqué pour son amateurisme, est parvenu à maintenir des emplois et négocier un accord de 180 millions d'euros avec Mittal. Dans ce contexte, annoncer qu'il n'y aurait pas de plan social est une "aubaine". D'autant que le calendrier est "essentiel", remarque le journaliste. "Les chiffres du chômage explosent dans des proportions inédites ? Trois jours plus tard un plan social est évité".

Ironique, un responsable gouvernemental a lancé à l'AFP en ricanant: "C'est un immense triomphe pour Arnaud Montebourg". Quelque heures avant cet épilogue, M. Montebourg disait encore que la nationalisation, idée à laquelle s'étaient ralliés de nombreux responsables politiques de tous bords, n'était "pas un faux espoir" mais une "solution qui est sérieuse, crédible, durable".

"Clairement désavoué"

L'action qu'il a menée depuis des semaines pour trouver un repreneur industriel auquel revendre Florange a été balayée sans ménagement par Matignon. Le Monde estime que le ministre du Redressement productif a été "clairement désavoué" par le chef du gouvernement. Le quotidien remarque que pas une fois Ayrault n'a cité Montebourg dans son allocution de vendredi, même s'il a pris plus de pincettes samedi en saluant son action.

Sur Twitter, la députée socialiste Marie-Noëlle Liennemann s'interroge sur ce qui ressemble bien à un coup de poignard dans le dos.

Quelle contre-attaque ?

Quelles options pour Montebourg ? Il avait annulé sa participation de dimanche en fin d'après-midi à l'émission "Tous politiques", organisée par France Inter, Le Monde et l'AFP. Mais il sera ce soir sur TF1.

Que dira-t-il alors ? Un journaliste du Monde et un autre du Parisien s'interrogent sur ce qu'il annoncera :

 

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