"Toute la journée d'un Parisien peut se passer là" : les (vrais) bistrots rêvent de figurer au patrimoine immatériel de l'humanité

Paris compte près d'un millier de bistrots. Les plus authentiques présentent lundi leur projet pour être inscrits au patrimoine culturel immatériel de l'Unesco. Ils veulent ainsi défendre leur spécificité.

Pierre-Christophe Hantz, patron du Vaudésir
Pierre-Christophe Hantz, patron du Vaudésir (FARIDA NOUAR / RADIO FRANCE)

L'Association pour l'inscription au patrimoine immatériel des bistrots et des terrasses de Paris pour leur art de vivre présente, lundi 11 juin, son projet de reconnaissance par l'Unesco. L'initiative, soutenue par la mairie de Paris, vise à défendre l'authenticité de ces commerces typiques de la capitale. 

"Ça ouvre à 7 heures le matin et ça ferme à minuit, quand il n'y a plus personne". Depuis 18 ans, Pierre-Christophe Hantz passe ses journées dans son bistrot : il est le gérant du Vaudésir, situé dans le 14e arrondissement de Paris. Un patron heureux, et ses fidèles clients aussi. "J'aime bien, j'ai des collègues, des potes qui viennent prendre l'apéro le soir. Donc c'est sympa", se réjouit Michel, accoudé au comptoir, une bière à la main. 

Le Vaudésir est situé dans le 14e arrondissement de Paris
Le Vaudésir est situé dans le 14e arrondissement de Paris (FARIDA NOUAR / RADIO FRANCE)

La concurrence des bistrots "très chers" mais branchés

Les gérants de bistrots comme Pierre-Christophe Hantz craignent la concurrence de nombreux restaurants branchés, prisés par les parisiens. "Certains se sont appropriés le nom 'bistrot de Paris'. Ce sont des bistrots bis de grands chefs, très chers, qui ne sont pas ouverts toute la journée. Ça ne correspond plus à des bistrots", déplore Pierre-Christophe Hantz. Il cite deux incontournables d'un bistrot : l'ardoise qui affiche le plat du jour et la présence d'un comptoir. Les clients du Vaudésir le constatent eux aussi : "Les petits bistrots comme celui-ci, on n'en trouve plus beaucoup. Ici, c'est l'authenticité des vrais bistrots", explique Odette.

L'espoir d'une inscription à l'Unesco est de protéger le patrimoine culturel des bistrots authentiques. "Toute la journée d'un Parisien peut se passer là : boire un café, venir discuter avec son petit-fils l'après-midi, faire une partie de cartes, manger, lire le journal. Le bistrot, c'est une annexe de la maison", confie Pierre-Christophe Hantz, très attaché également à la mixité sociale au Vaudésir.

Un bistrot c'est un endroit accessible où les gens se mélangent. À midi je veux qu'il y ait des gens de l'agence bancaire d'à-côté et des gens de chantiers qui puissent manger quelque chose de bon, de sain et de pas cher. Un endroit très convivial où les gens se sentent à l'aisePierre-Christophe Hantzfranceinfo

En plus du soutien de la ville de Paris, les bistrots espèrent obtenir l'appui de l'État. C'est en effet le ministère de la Culture qui réceptionnera en septembre le dossier déposé par l'Association des bistrots parisiens. Françoise Nyssen aura le choix de le transmettre ou non à l'Unesco en mars 2019.

Le reportage de Farida Nouar.
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