"On nous sanctionne alors qu'on est de bons élèves" : la colère de la maire de Marseille, Michèle Rubirola, après les nouvelles restrictions

La maire écologiste de Marseille, Michèle Rubirola, dénonce les mesures de restriction annoncées par le ministre de la Santé mercredi 23 septembre, qui auront un effet "très négatif sur la population marseillaise".

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Radio France
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La maire de Marseille (EELV) Michèle Rubirola dans son bureau de l'Hôtel de Ville (août 2020). (VALLAURI NICOLAS / MAXPPP)

"Pourquoi un tour de vis alors que les chiffres commencent à aller dans le positif ?", a réagi jeudi 24 septembre sur franceinfo Michèle Rubirola, maire Europe Écologie-Les Verts de Marseille, après l'annonce de la fermeture totale des bars et restaurants dans la métropole d'Aix-Marseille à partir du samedi 26 septembre. Cette métropole et la Guadeloupe ont été classées mercredi en "zone d'alerte maximale", dernier niveau avant l'état d'urgence sanitaire, selon le nouveau classement des autorités présenté par Olivier Véran.

franceinfo : Les annonces du ministre de la Santé, Olivier Véran, visent particulièrement la métropole Aix-Marseille et la Guadeloupe. Comment les avez-vous reçues ?

Michèle Rubirola : Je suis en colère parce qu'il y a eu aucune concertation et c'est simplement inadmissible. Contrairement à ce que prétend Olivier Véran, il ne nous a rien demandé, il ne nous a pas du tout concertés. Vue mon absence physique ponctuelle, mon premier adjoint a essayé de l'appeler tout l'après-midi et il n'a pas eu de réponse. Il a simplement eu une information dix minutes avant la conférence de presse.

Il n'y a rien qui vous laissait penser qu'il y aurait ce tour de vis à Marseille ?

Non. Pourquoi un tour de vis alors que les chiffres commencent à aller dans le positif pour nous depuis quelques jours ? À Marseille, on constate une baisse des indicateurs depuis deux à quatre jours. Et c'est ça qui est important. Olivier Véran nous montre à tort en repoussoir. J'ai l'impression qu'Olivier Véran agite un chiffon rouge pour alerter et menacer les autres grandes villes alors qu'on est plutôt de bons élèves, avec de bons résultats.

C'est à dire ? On veut faire un exemple ?

Il nous menace. Une menace par un exemple très, très négatif pour la population marseillaise.

Le gouvernement "maltraite" Marseille, selon vous. Ce n'est pas ce que dit le député En Marche des Bouches du Rhône, Saïd Ahamada, qui vous renvoie à vos propres responsabilités. "Ceux qui aujourd'hui prennent des coups, ce sont ceux qui prennent des décisions difficiles, dit-il notamment. Si Mme Rubirola et M. Muselier ont des solutions pour faire baisser le taux de positivité pour faire en sorte qu'il y ait moins de morts à Marseille, je suis le premier à les écouter." Que lui répondez-vous ?

Puisqu'il parle de taux de positivité, je vais simplement lui répondre. La courbe des tests monte toujours alors que les taux d'incidence baissent. Il y a une stabilisation du taux de positivité autour de 7 à 8% à Marseille. C'est élevé mais à Paris, c'est 10%. Je ne vais pas faire de commentaires sur les sanctions prises sur Marseille, alors qu'à Paris, le taux de positivité est à 10%. Et le R0 est passé en-dessous de 1. C'est un bon signe ! Le nombre de cas baisse depuis quatre jours. Moi, je vais vous dire, vous savez que je suis médecin : une mesure de santé publique peut être efficace s'il y a une forte acceptabilité dans la population. Et moi, je voudrais qu'on parle de l'acceptabilité. Il faudrait faire douter les Marseillais du bien fondé de leurs efforts qu'ils ne s'y prendraient pas autrement ! Les Marseillais voient que ça va mieux, les Marseillais voient qu'ils font des efforts, on teste plus qu'ailleurs, on a distribué 500 000 masques, 10 millions de masques viennent d'arriver. Nous, on sait qu'on est de bons élèves. Et au lieu de nous encourager en disant : "continuez", ils sanctionnent ! Je ne sais pas où on va comme ça, sinon vers une forte opposition de la population marseillaise, une incompréhension. Et quand on ne comprend pas... Je ne sais pas s'il y aura une adhésion à ces mesures.

Est-ce que vous irez tout de même discuter des modalités de ces nouvelles restrictions avec le préfet puisqu'elles doivent entrer en vigueur dans deux jours ?

Nous devons en discuter avec mon premier adjoint [Benoît Payan].

Cela veut dire que vous n'êtes pas sûr d'aller négocier ?

Quand il y a une marge de manœuvre, on peut le faire. Là, on n'a pas de marge de manœuvre. Je ne sais pas si on va y retourner. Il est possible qu'on y retourne comme il est possible qu'on n'y aille pas, parce que si on n'est pas entendus, on ne sait pas quoi ça sert. Je peux vous dire qu'il y aura quand même une réunion des adjoints [jeudi matin] sous l'autorité du premier adjoint, en mairie, pour essayer de trouver des solutions à la crise que vont traverser les restaurateurs et les bars.

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