Envoyé spécial, France 2

VIDEO. Un conciliateur pour régler les conflits de voisinage… comme le chant des coqs de la maison d'à côté

Deux voisins en conflit pour cause de coqs qui chantent... et un conciliateur expérimenté. La médiation effectuée par ce dernier va permettre d'éviter un procès qui aurait pu traîner des années. Depuis le 1er janvier 2020, recourir à un conciliateur est d'ailleurs devenu obligatoire pour les litiges du quotidien inférieurs à 5 000 euros. Extrait d'"Envoyé spécial".

Sur les routes de l'Allier, il incarne en quelque sorte la justice du quotidien. Ancien expert en assurances, François Dubois est devenu conciliateur de justice bénévole. Sa mission ? Régler à l'amiable les litiges du quotidien inférieurs à 5 000 euros, pour désengorger les tribunaux. 

Le conciliateur a l'habitude des dossiers compliqués, mais celui-là s'annonce particulièrement délicat. Un père de famille excédé l'a appelé au secours. Depuis six mois, il n'arrive plus à fermer l'œil – à cause des coqs de la maison voisine. Il a même enregistré leurs chants sur son téléphone. Des enregistrements dont l'authenticité est contestée par le propriétaire des volailles... Les deux hommes ont déjà failli en venir aux mains. Comment parvenir à un accord à l'amiable ?

Les deux parties sont convoquées

François Dubois a décidé de les convoquer tous les deux. Après avoir écouté les doléances du premier, il prend le second à part. "Mon rôle en tant que conciliateur, lui explique-t-il, c'est d'essayer de trouver une solution pour que chacun puisse dormir tranquille. Bien entendu, vous pouvez faire ce que vous voulez chez vous, mais sans embêter trop le voisinage…"

Mis en présence, les deux hommes commencent aussitôt à s'invectiver. Mais François Dubois a sa méthode pour faire cesser les chamailleries : d'abord un bon coup d'autorité… pour mieux négocier ensuite. Son but, c'est que la solution vienne des voisins eux-mêmes, pour qu'aucun d'eux ne perde la face. "Ce qui serait bien, glisse-t-il au propriétaire des coqs, c'est que vous vous engagiez, sous huit jours par exemple, à faire quelque chose. Après, vous faites ce que vous voulez. Proposez-moi quelque chose !"

Un procès-verbal de conciliation à valeur juridique

Quelques menus accrochages plus tard, un accord est finalement trouvé. Le voisin conservera son poulailler, mais il s'engage à ne garder que quatre coqs au lieu de quinze. Ce compromis est immédiatement retranscrit dans un procès-verbal de conciliation, signé par les trois hommes. Désormais, ce document officiel aura la même valeur qu'un jugement du tribunal. Si l'un des voisins ne le respecte pas, il pourrait s'exposer à une condamnation à des dommages et intérêts devant un tribunal. 

Extrait de "Querelles de voisinage", un reportage à voir dans "Envoyé spécial" le 8 octobre 2020.

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