Cet article date de plus de trois ans.

Loire : la Contrôleure générale des lieux de privation de liberté pointe le "traitement inhumain" au CHU de Saint-Étienne

Adeline Hazan dénonce un "dysfonctionnement majeur" dans la prise en charge des patients hospitalisés pour des raisons psychiatriques au CHU de Saint-Étienne (Loire).

Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Le CHU de Saint-Étienne (Loire), en septembre 2009. (PHILIPPE MERLE / AFP)

La Contrôleure générale des lieux de privation de liberté, Adeline Hazan, épingle jeudi 1er mars, dans un rapport, le CHU de Saint-Étienne (Loire), rapporte France Bleu Saint-Étienne Loire. Adeline Hazan évoque des "traitements indignes" dans l'accueil de patients hospitalisés pour des raisons psychiatriques.

Des personnes se retrouvent attachées au sein des urgences générales alors qu’elles étaient venues d’elles-mêmes à l’hôpital pour un problème psychiatrique, des patients bloqués plusieurs jours sans pouvoir se laver, ni se changer... voici quelques exemples pointés par la Contrôleure générale des lieux de privation de liberté.

"Ce dysfonctionnement majeur de la prise en charge des patients relevant de la psychiatrie aux urgences générales nécessite de mettre immédiatement un terme aux traitements indignes observés", écrit Adeline Hazan dans ses recommandations en urgence, publiées jeudi au Journal officiel concernant le Centre hospitalier universitaire de Saint-Étienne.

Pieds et mains attachés

Adeline Hazan parle de "traitement inhumain ou dégradant" dans son rapport. Le service de psychiatrie ne comporte que cinq à six places pour accueillir les urgences, dénonce-t-elle. Les personnes arrivant au CHU de Saint-Étienne pour le traitement de maladies mentales ou de troubles psychologiques doivent du coup attendre aux urgences générales.

Quand les contrôleurs sont passés, durant la semaine du 8 au 15 janvier, vingt personnes étaient dans ce cas, la plupart sur des brancards dans le couloir du CHU. Sept patients avaient les pieds, voire les mains, attachés, ont-ils constatés, alors que ces personnes n'étaient pas agitées et ne présentaient pas plus de danger pour eux ou les autres, indique le rapport.

"Toute privation de liberté est attentatoire aux droits fondamentaux ; aussi tout doit être mis en œuvre pour apaiser la personne en situation de crise avec des approches alternatives à une mesure de contrainte physique", rappelle Adeline Hazan.

"Le CHU ne respecte pas la loi"

Au minimum, ces personnes attendaient une place en psychiatrie depuis 15 heures, certaines depuis une semaine sans avoir pu se doucher, ni se changer, ni utiliser leur téléphone portable, affirme le rapport. "À ce point-là, c’est du jamais vu, d’où mes recommandations en urgence", commente Adeline Hazan.

Cette situation dure depuis octobre 2017, écrit en substance lContrôleure générale des lieux de privation de liberté, qualifiant d'"habituel" qu'au moins dix personnes séjournent ainsi dans l'attente d'une place en psychiatrie.

Adeline Hazan dénonce aussi la banalisation de l'isolement et de la contention dans le service lui-même de psychiatrie, "encore" considéré "comme thérapeutique dans la protocole", au-delà des 12 heures légales et prolongé sans avis médical. "D’évidence, cet établissement ne respecte pas la loi de 2016", souligne Adeline Hazan.

La Contrôleure générale des lieux de privation de liberté a transmis ses recommandations à la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, qui n'y a pas répondu. C'est "une première depuis trois ans et demi que je suis en poste", souligne Adeline Hazan.

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Droit et justice

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.