Crise sanitaire : un niveau inédit de réclamations auprès du Défenseur des droits depuis sa création

En dix ans, l'autorité indépendante a reçu environ un million de réclamations, dont quasiment 115 000 rien qu'en 2021.

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Claire Hédon, la Défenseure des droits, lors d'une conférence de presse à Strasbourg (Bas-Rhin), le 21 octobre 2020.  (MAXPPP)

De l'accès limité aux loisirs à la suspension d'agents non vaccinés, de nombreuses saisines du Défenseur des droits ont été liées à la crise sanitaire, relève mardi 5 juillet le rapport 2021 de cette autorité indépendante. En dix ans, le Défenseur des droits a reçu environ un million de réclamations, dont quasiment 115 000 rien qu'en 2021, soit une hausse globale des sollicitations de 21% et un "niveau jamais atteint".

Instituée par la loi organique du 29 mars 2011, cette autorité peut recueillir les réclamations relatives à cinq grandes thématiques : les droits de l'enfant, les lanceurs d'alerte, la lutte contre les discriminations mais aussi le respect de la déontologie par les forces de sécurité et celui des droits des usagers des services publics.

"Erosion progressive de nos libertés"

Les réclamations traitées en 2021 ont porté notamment sur la protection et la sécurité sociale (22,1% des réclamations traitées), le droit des étrangers (17,1%) et le droit routier (11,6%). Les effets du Covid ont également motivé de nombreuses sollicitations.

Tout au long de l'année, "tout en reconnaissant l'importance de la vaccination dans la lutte contre la pandémie", la Défenseure des droits, Claire Hédon, "a déploré l'érosion progressive de nos libertés et de la cohésion de la société" alors que "les inégalités sociales et la précarité n'ont fait que s'aggraver".

Les effets "préoccupants" de la crise sur les enfants

Ses 231 agents ont notamment constaté, à travers l'instruction des saisines, "les effets persistants et particulièrement préoccupants sur les enfants d'une crise sanitaire installée dans la durée". Une partie du rapport annuel est justement dédiée à la santé mentale des enfants et aux appels de la Défenseure des droits lancés aux autorités sur l'impératif d'"une vigilance accrue".

Le Défenseur des droits a par ailleurs reçu "plusieurs dizaines de réclamations" d'agents suspendus par des établissements de santé pour non-respect de l'obligation vaccinale alors même qu'ils se trouvaient en arrêt maladie. "Une discrimination fondée sur l'état de santé", selon l'institution.

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