109 féminicides en 2017 : les violences conjugales toujours aussi nombreuses en France

L'observatoire national de la délinquance et des réponses pénales a recensé 109 féminicides en 2017.

Des bougies en hommage à Razia, mère de famille victime de violences conjugales, tuée le 30 octobre 2018 à Besançon.
Des bougies en hommage à Razia, mère de famille victime de violences conjugales, tuée le 30 octobre 2018 à Besançon. (ANNE FAUVARQUE / MAXPPP)

Les violences conjugales n'ont pas diminué en 2017 par rapport à 2016, selon l'étude sur les violences au sein du couple que l'observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) dévoile jeudi 14 mars. En 2017, l'ONDRP a recensé 109 féminicides. Un chiffre identique à celui de 2016 et à peine inférieur à celui de 2015, où 115 femmes avaient été tuées.

Le nombre de féminicides dans le couple est donc en train de stagner, alors qu'il avait pourtant considérablement chuté entre 2007 et 2014 en passant de 166 à 118. L'immense majorité de ces chiffres sur les violences conjugales concernent des femmes victimes de leur conjoint.

Violences à domicile

L'étude de l'ONDRP donne également des détails sur ces meurtres ou assassinats. Dans plus de huit affaires sur dix, le crime se déroule dans un domicile (celui du couple, de la victime ou bien de l'auteur). Les mobiles sont majoritairement une dispute (32%) ou une séparation (26%). À noter également que dans la moitié des affaires, les victimes avaient déjà subi des violences de la part de leur conjoint.

Les chiffres des violences faites aux femmes qui n'entraînent pas la mort sont également stables, avec 98 500 faits recensés en 2017 (+1,5%). Il s'agit majoritairement de violences physiques (des viols dans 2% des cas) mais aussi des menaces de mort (11%) et du harcèlement. La dernière partie de l'étude de l'ONDRP relève une meilleure prise en charge des victimes. L'observatoire a recensé une baisse du nombre de mains courantes déposées pour "différends entre époux et concubins" (-20% entre 2013 et 2017).

Des poursuites plus fréquentes

Un signe, selon l'ONDRP, que les procédures engagées après des violences sont plus lourdes avec notamment des dépôts de plainte de plus en plus fréquents. Cela s'explique, selon l'étude, par le fait que "de nombreux parquets ont donné aux services d'enquête la consigne de diligenter systématiquement une enquête dès lors qu'ils ont connaissance de violence au sein du couple", même quand la victime ne souhaite pas porter plainte.

L'étude de l'ONDRP compile les chiffres du ministère de l'Intérieur, notamment ceux de la délégation d'aide aux victimes (DAV) du ministère et ceux du service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI).