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New York : un juge donne gain de cause aux graffeurs du "5 Pointz"

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Brut : 5 Pointz
Article rédigé par
France Télévisions

Depuis 2013, les street-artistes new yorkais ont perdu leur "Mecque du graffiti". Ce site à la renommée internationale avait été recouvert de peinture blanche par le propriétaire, détruisant ainsi des dizaines de fresques murales. La justice vient de rendre son verdict.

 

6,7 millions de dollars, soit 5,3 millions d'euros, c'est la somme qu'un promoteur immobilier américain va devoir verser à plusieurs graffeurs pour avoir détruit leurs œuvres. À New York, le 12 février dernier, un juge a tranché en faveur d’un collectif d’artistes du "5 Pointz" après cinq ans de procédures judiciaires. Surnommé "la Mecque du graffiti", le "5 Pointz Aerosol Art Centercet" était un entrepôt désaffecté à Long Island, dans le Queens. Inauguré dans les années 90, il abritait sur ses 20 000 kilomètres carrés de façades extérieures les œuvres des plus grands graffeurs de la planète. Plus qu’un site de street-art, c’était aussi un lieu où "on peint, on libère un peu de stress et il y a toujours un DJ et des danseurs", se souvient Zimad, un graffeur. 

Mais en 2013, tout bascule. Le propriétaire, qui s’était jusque-là entendu avec les graffeurs pour qu’ils exposent en toute légalité leurs œuvres, décide de détruire le site pour construire des résidences de luxe. "Nous avons toujours soutenu l’art et les artistes. (…) Ils apportent de la valeur au quartier mais ici, à Long island City, il faut aussi penser aux aspects économiques." se justifiait David Wolkoff. Les artistes et des habitants de New York se mobilisent pour sauver le site mais dans la nuit du 19 novembre 2013, l'irréparable est commis. David Wolkoff fait tout repeindre en blanc et détruit ainsi vingt ans d’histoire du graffiti art. Un collectif de 21 graffeurs décide de porter plainte. 

Des œuvres suffisamment de valeur artistique pour être protégées 

Pour rendre sa décision, le juge new-yorkais s’est basé sur une loi fédérale, le "Visual Artists Rights Act". Elle garantit aux artistes un droit moral sur leurs œuvres même si celles-ci ont été créées sur la propriété d'autrui, à condition qu’elles soient "reconnues" comme des œuvres d’art. Le juge a estimé que certaines des fresques murales détruites avaient dès lors suffisamment de valeur artistique pour mériter d'être protégées. Une première aux États-Unis.

La décision sonne donc comme une victoire pour les graffeurs : "C’était par principe, pour défendre le droit des artistes." Le promoteur a été condamné à verser plus de 6,7 millions de dollars de dédommagement aux artistes. C’est le maximum qu’ils pouvaient espérer. La destruction du "5 Pointz" ne marque pour autant pas un arrêt au graffiti art, comme l’explique l’un des street-artistes : "On continue de créer à différents endroits, ce ne sera pas sur ce bâtiment en particulier mais nous continuerons de diffuser l’état d’esprit 5 Pointz."

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