"Être privé de fréquentation internationale, c'est une vraie épreuve pour la plupart des lieux de patrimoine", déplore le directeur du domaine national de Chambord

Alors que le château attirait 1 150 000 visiteurs l'année dernière, ce sera la moitié cette année en raison de la crise sanitaire. Pour Jean d’Haussonville, directeur général du domaine national de Chambord, "c'est une année très éprouvante mais, on a confiance dans notre capacité à rebondir".

Le château de Chambord, le 22 juillet 2020.
Le château de Chambord, le 22 juillet 2020. (LUDOVIC MARIN / AFP)

"Être privé" de la "fréquentation internationale, c'est une vraie épreuve", a indiqué ce jeudi 23 juillet sur franceinfo Jean d’Haussonville, directeur général du domaine national de Chambord. "Le prestigieux château doit apprendre à se passer de la fréquentation notamment des touristes américains et chinois depuis le début de la pandémie. "On a confiance dans notre capacité à rebondir", a-t-il ajouté.

franceinfo : Les visiteurs sont-ils de retour cet été ?

Jean d’Haussonville : Les visiteurs reviennent, mais quand même moins nombreux que l'an dernier, et même un peu plus qu'en 2018. On ne rattrapera pas le retard. Mais on est rassuré parce qu'on voit qu'ils ont plaisir à revenir et quand même en nombre. L'année dernière c'était nos 500 ans, donc on était à un million 150 000 visiteurs. Cette année, en fait, on fera la moitié, donc c'est une année très éprouvante. Mais quand même, on a confiance dans notre capacité à rebondir.

La clientèle étrangère prend une part importante dans la fréquentation habituelle de Chambord ?

Notre patrimoine est un des plus beaux patrimoines du monde en France. Donc, c'est vraiment un visage de la France, une manière pour la France de rayonner. Le tourisme est économique, mais il est politique aussi en réalité. Cela fait aimer le pays. Être privé de cette fréquentation internationale, c'est une vraie épreuve pour la plupart des lieux de patrimoine importants. Je pense au Louvre, à Versailles, au Musée d'Orsay et bien sûr aussi à Chambord. On a quand même 40 pour cent de fréquentation internationale, mais ça nous manque cruellement aujourd'hui.

Qui manque à l'appel cet été ?

Américains, Russes, Chinois, mais notre premier contingent, en général, ce sont les Italiens. Ils aiment bien la Renaissance, le Val de Loire et, en fait, on voit que les Européens circulent moins. On voit des Belges, des Allemands qui vont un peu vers le sud, mais on ne voit pas de Britanniques. Et donc non, on ne retrouve pas notre clientèle. En revanche, les Français en individuel, les familles viennent beaucoup plus.

Emmanuel Macron a rencontré mercredi à Chambord des jeunes qui participent à l'opération Quartiers était 2020...

Ça ouvre un petit peu la fréquentation à des jeunes de quartiers qui, en fait, n'ont jamais l'occasion de quitter leur quartier, donc c'est extrêmement important. Cette opération nous a beaucoup touchés avec les équipes de Chambord parce qu'on a vu, à travers les regards des jeunes, la beauté du pays. En fait, quand vous venez à Chambord, vous avez une sorte d'impression immédiate de la beauté des choses et ça vous redonne une sorte de confiance dans la vie. Vous vous dites finalement, ce pays est beau et il y a une sorte de confiance dans l'être humain. Et puis, ça nous a aussi encore plus fait prendre conscience d'un rôle que joue le patrimoine, c'est celui de l'intégration républicaine, c'est de l'apprentissage de l'histoire du pays. Une dame nous a dit : "moi, je pensais venir visiter un château et je me suis rendu compte que c'était l'histoire du pays. C'est mon pays. J'ai une carte d'identité française. Il faut que j'apprenne l'histoire de France". Je me dis aussi si Chambord et d'autres lieux servent à ça, on n'a pas perdu la journée. On est très heureux de participer à ça.