E-sport : "Comme dans le sport, les champions arrivent à produire un autre jeu que celui des amateurs"

Le directeur de l'e-sport chez Webedia, Bertrand Amar, parle d'une "dimension physique qui a été intégrée par les structures" qui gèrent les joueurs. "Il faut être dans une bonne santé mentale et physique pour être performant dans les jeux vidéo."

La team G2 Esports, aux phases de groupe du championnat du monde de League of Legends, à Berlin, le 13 octobre 2019.
La team G2 Esports, aux phases de groupe du championnat du monde de League of Legends, à Berlin, le 13 octobre 2019. (CHRISTOPH SOEDER / DPA)

L'e-sport, ou sport électronique, attire de plus en plus de joueurs et de spectateurs. Les tournois de ces jeux vidéo font salle comble à chaque fois. Les championnats du monde de League of Legends ont lieu dimanche 10 novembre à Paris-Bercy. Ils seront suivis par des millions de fans à travers le monde. "Comme dans le sport, les champions arrivent à produire un autre jeu que celui des amateurs", explique sur franceinfo Bertrand Amar, directeur de l’e-sport chez Webedia, spécialiste du jeu vidéo.

Qu'est-ce que League of legends ?

Bertrand Amar : League of Legends est l'un des jeux phare de l'e-sport. Il a une dizaine d'années, mais les audiences ne cessent de croître. Il se joue dans le monde entier, il y a des championnats en Europe, en Asie, aux Etats-Unis, et les meilleures équipes s'affrontent chaque année en octobre pour le championnat du monde.

Comment expliquez-vous qu'il y ait autant de spectateurs ?

C'est comme aller dans un stade voir des gens courir après un ballon. Le ballon, tout le monde a le même, mais si on va dans un stade, c'est parce que les champions de foot ne font pas la même chose que nous avec ce ballon. L'e-sport, c'est la même chose. On a beau avoir ce jeu, League of Legends, ou un autre, les champions arrivent à produire un autre jeu que celui des amateurs. C'est pour ça qu'on va les voir, exactement comme on va voir les sportifs. On estime qu'il y a à peu près 800 pros en France, ce qui est déjà énorme. On estime qu'environ 7 millions de personnes suivent l'e-sport.

Est-ce qu'il y a une dimension physique ?

Oui, il y a clairement une dimension physique qui a été intégrée par les structures qui gèrent ces joueurs, les teams. Elles ont toutes des préparateurs physiques. C'est terminé l'époque où l'on pensait qu'il suffisait de jouer 10 heures par jour pour être bon. Aujourd'hui, il faut être dans une bonne santé mentale et physique pour être performant dans les jeux vidéo.

Est-ce qu'il y a des ultras parmi les supporters, comme dans le football ?

Oui, l'équipe Vitality, qui est une équipe française, a un club de supporters ultras qui organise ses déplacements. Ils ont récemment fait le voyage de Paris à Berlin pour aller soutenir leur équipe.