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Antoine Gallimard n'a "pas renoncé" à rééditer les pamphlets antisémites de Céline

Le projet de rééditer "Bagatelles pour un massacre", "L'École des cadavres" et "Les Beaux Draps" avait suscité une vague d'indignation. L'éditeur l'avait donc mis en suspens.

Article rédigé par franceinfo avec AFP
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Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min
L'éditeur Antoine Gallimard, le 9 octobre 2014 à Paris. (THOMAS SAMSON / AFP)

L'éditeur Antoine Gallimard souhaite toujours rééditer les pamphlets antisémites de Louis-Ferdinand Céline, auteur de Voyage au bout de la nuit, après avoir suspendu sine die ce projet qui avait provoqué une levée de boucliers. "J'ai suspendu ce projet, mais je n'y ai pas renoncé", explique-t-il au Journal du dimanche, dans son édition du 4 mars. 

La raison de cette suspension est simple : on ne construit rien de valable dans un incendie, on ne peut pas se faire entendre dans un amphithéâtre en ébullition.

Antoine Gallimard

au "JDD"

Le PDG des éditions Gallimard réfute l'idée d'avoir été convoqué par le gouvernement en décembre 2017 à ce sujet. "Le terme 'convocation' est inexact, assure-t-il. J'ai reçu une lettre du délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT, Frédéric Potier, et j'ai choisi de le rencontrer."

"Le goût de la vérité"

L'éditeur explique avoir alors fait savoir à Frédéric Potier, qui s'inquiétait d'une possible réédition des textes sans mise en contexte, qu'elle se ferait accompagnée d'un "appareil historique", avec une analyse du professeur d'université Régis Tettamanzi et d'une préface signée de l'écrivain Pierre Assouline. Les pamphlets de Céline ne sont pas interdits en France, mais n'ont pas été réédités depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. L'écrivain lui-même puis sa veuve s'y opposaient.

Le projet de rééditer les pamphlets antisémites de Céline – Bagatelles pour un massacre, L'École des cadavres et Les Beaux Draps – avait suscité une vague d'indignation notamment de la part de Serge Klarsfeld, président de l'association Fils et filles de déportés juifs de France. Antoine Gallimard justifie à nouveau dans le JDD son projet "par goût de la vérité" et la nécessité de montrer "la coexistence du génie et de l'ignoble en un seul homme".

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