Parcours citoyen et service national universel : le monde de l'enseignement pointe "une méconnaissance de ce qui se fait déjà"

Des syndicats de l'enseignement ont réagi, jeudi sur franceinfo, alors que des hypothèses de travail sur un parcours citoyen ont été révélées.

La gendarmerie intervient dans l\'école Malraux de Beausset (Var), le 8 janvier 2014.
La gendarmerie intervient dans l'école Malraux de Beausset (Var), le 8 janvier 2014. (MAXPPP)

Le retour à un "service militaire obligatoire et universel d'un mois" était une promesse de campagne d’Emmanuel Macron. On se dirige désormais vers un "parcours citoyen" obligatoire d’une semaine par an dans les établissements scolaires, encadré par des enseignants et des volontaires du service civique. Ce sont les premières pistes de réflexion menée par les parlementaires, révélées par franceinfo jeudi 4 janvier. Une option beaucoup moins onéreuse, mais qui ne fait pas forcement le bonheur du monde de l'enseignement.

"Quelque chose qui existe déjà"

"Ce qui est très étonnant, c'est la méconnaissance de ce qui se fait déjà", explique Frédérique Rolet, jeudi 4 janvier sur franceinfo. Pour la secrétaire générale du Syndicat national des enseignants du second degré (Snes), les pistes de réflexion menées par les députés sur le service militaire obligatoire et universel sont "inutiles", car "c'est quelque chose qui existe déjà".

Ce parcours citoyen comprendrait notamment une semaine consacrée à la défense et à la sécurité, ainsi qu'aux gestes qui sauvent. "Depuis les attentats, il y a la formation, notamment en troisième, au secourisme et aux premiers gestes pour sauver", rappelle Frédérique Rolet. "A un moment, il faut mettre de la cohérence au lieu d'ajouter sans cesse des couches à ce qui existe déjà", s'agace la secrétaire générale du Snes. 

"Des questions pratico-pratiques"

Pour le Syndicat national des personnels de direction de l'éducation nationale (SNPDEN) la question est aussi logistique. "L'armée s'est délestée de la quasi-totalité de ses casernes. Il n'y a donc plus de lieux d'hébergement pour accueillir 600 000 personnes", détaille Philippe Tournier, jeudi sur franceinfo. Pour le secrétaire général du syndicat, on va très vite se rendre compte que "la remise en place d'un service national et universel se heurte à des questions pratico-pratiques et il semble que les parlementaires, voyant que ces questions n'arrivent pas à se résoudre, se replient sur des idées qui sont l'amplification d'un parcours citoyen. Mais ça n'a absolument rien à voir avec ce que le président de la République avait annoncé."

En revanche, "dans ce qui semble devoir être proposé par les parlementaires, il y a des pistes plutôt intéressantes", assure Philippe Tournier. Le secrétaire général du SNPDEN prend en exemple la proposition que "les jeunes passent une partie de leur temps dans les associations, un stage d'une semaine. Pourquoi pas ? Ça peut être tout à fait positif et intéressant mais cela n'a rien à voir avec ce qui ait été annoncé initialement."

Le projet des parlementaires peut encore évoluer. Le rapport final sera remis à une commission indépendante le 31 janvier, nommée par le ministère des Armées. Une décision finale doit être prise d'ici juin, pour une expérimentation en 2019.