Mali : l'armée française reconnaît avoir tué un mineur dans le nord du pays

Le ministère de la Défense a reconnu, dans un communiqué, que l'armée française avait abattu un mineur au Mali. Les faits remontent au 30 novembre 2016. L'aveu intervient alors qu'un sommet entre la France et l'Afrique vient de s'ouvrir à Bamako.

   Des militaires dans un camp de la force Barkhane, au Mali, en mai 2016.
   Des militaires dans un camp de la force Barkhane, au Mali, en mai 2016. (LAUNETTE FLORIAN / MAXPPP)

Le ministère de la Défense a reconnu, samedi 14 janvier, qu'un mineur a été tué au Mali, le 30 novembre précédent, par les forces françaises. "Dans le cadre d’une opération menée par la force Barkhane dans la région d’Aguelhok, les armées françaises ont repéré un réseau de guetteurs agissant pour le compte d’un groupe armé terroriste (GAT). Compte tenu de la situation, il a été décidé de neutraliser l’un de ces guetteurs, qui s’est avéré être un mineur", a expliqué le ministère dans un communiqué.

D'après les informations du ministère de la Défense, ce réseau de guetteurs échangeait des informations au sujet d'un convoi logistique de l’armée française approchant du secteur "afin de permettre à des poseurs d’engins explosifs improvisés de tuer des soldats français."

C'est de cette façon qu'a été tué, le 4 novembre 2016, l’adjudant Fabien Jacq. "La force Barkhane a alors décidé l’intervention d’une patrouille d’hélicoptères afin de faire cesser cette menace" précise le communiqué. Le ministère a ordonné une enquête de commandement suite à la mort de ce mineur. Elle est toujours en cours.

Des faits révélés au moment d'un sommet entre l'Afrique et la France

Ce communiqué fait suite aux informations publiées par le magazine Jeune Afrique qui affirme que ce mineur serait un enfant de 10 ans et qu'après sa mort, les soldats français "l'auraient enterré en catimini" selon les mots employés par le journal. 

Jeune Afrique s'appuie sur le compte-rendu d'une réunion qui s'est tenue fin décembre à Bamako entre la Minusma, la mission onusienne, et des militaires de l'opération Barkhane. Au cours de cette réunion, un officier français aurait admis les faits.

Ces informations sont révélées au moment de l’ouverture d’un sommet Afrique-France organisé à Bamako. Avant d’y participer, le président français François Hollande a rendu une visite éclair à Gao, principale ville du nord du Mali, aux troupes françaises et maliennes engagées dans la lutte contre les jihadistes.

Un enfant de 10 ans tué par l'armée française au Mali
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