“Les militaires seront là pour épauler les forces de sécurité, pas pour gérer l’ordre public” affirme Christophe Castaner

Alors que se prépare l’acte 19 de la mobilisation des Gilets jaunes, l’exécutif a annoncé la mobilisation prochaine des militaires “pour épauler les forces de sécurité, pas pour gérer l’ordre public”, assure Christophe Castaner.

“Les militaires seront là pour épauler les forces de sécurité, pas pour gérer l’ordre public” affirme Christophe Castaner

“Quatre mois après le saccage de l’Arc de Triomphe, les Champs-Elysées sont en ruines”, se désole le sénateur LR Philippe Dominati. Le secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Intérieur le reconnaît, les violences lors de l’acte 19 de la mobilisation des Gilets jaunes à Paris sont des “incidents graves, très graves”. Mais pas question de parler de “chaos”, répond-il au parlementaire. “Nous avons évité tant d’exactions, tant de pillages, et peut être même des morts, à Paris comme en province”, poursuit Laurent Nunez avant d’admettre, une fois encore, les “vrais dysfonctionnements” de samedi dernier. En cause, le non-respect de la doctrine de maintien de l’ordre “malgré des instructions précises”, ayant d’ailleurs conduit au limogeage du préfet de Paris, Michel Delpuech. Un débarquement “justifié” de l’avis du sénateur, “sans précédent sous l'histoire de la Vème République” et qui pourrait ne pas être le seul : “Nous avons tous compris que vous étiez le prochain fusible ! ” 

“Dans quel délai vous engagez-vous à rétablir l’ordre” interroge donc Philippe Dominati, qui moque une “France qui veut propager image de paix en Afrique et en Syrie mais qui est incapable de l’assurer aux Parisiens à quelques encablures de l’Elysée”. Et le secrétaire d’Etat de rappeler le renforcement de la doctrine de maintien de l’ordre, acté lundi par le Premier ministre : “Tout attroupement qui risque de présenter un caractère violent sera immédiatement dispersé et des arrêtés d’interdiction de manifester, vus avec chacun des maires concernés”, pourront être pris.  

“Il n’est bien évidemment pas question que les militaires de l’opération Sentinelle soient détournés de leur fonction”  

De nouvelles mesures qui ne semblent pas convaincre tout le monde sur les bancs de l’hémicycle. “Improvisation absolue”, “contradiction”, “désorganisation”... Jean-Marc Todeschini, sénateur socialiste, accuse également le gouvernement d’avoir “laissé pourrir une situation et offert un terrain propice aux casseurs”. Mais plus encore que déplorer les agissements passés de l’exécutif, il s’inquiète de ses nouvelles décisions, à commencer par celle de mobiliser des militaires pour les prochains actes de mobilisation des Gilets jaunes : “Quelle est le cadre d’intervention des militaires ? Quelles seront leurs consignes ? Comment feront-ils usage de leurs armes ?” interroge t-il. Le parlementaire craint également que la mobilisation des militaires de l’opération Sentinelle sur plusieurs front n’“affaiblisse” leur mission de protection des Français face au risque terroriste. Ce à quoi le ministre de l’Intérieur s’empresse de répondre qu’“il n’est bien évidemment pas question que les militaires de l’opération Sentinelle soient détournés de leur fonction, ni de les utiliser pour gérer l’ordre public car ils ne sont pas formés ni équipés pour cela”. “Samedi prochain, ils seront là pour épauler les forces de sécurité. A certains endroits, ils se substituent pour garder des bâtiments qui ne sont pas exposés à un risque de manifestation, afin de libérer des policiers et gendarmes qui, eux, seront mobilisés pour le maintien de l'ordre public”.  

“Les militaires seront là pour épauler les forces de sécurité, pas pour gérer l’ordre public” affirme Christophe Castaner
“Les militaires seront là pour épauler les forces de sécurité, pas pour gérer l’ordre public” affirme Christophe Castaner (Public Sénat)