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"L'image est un peu moins belle que dans les films" : quand la DGSE fait passer un concours à des élèves

La Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) participe depuis lundi à l'organisation d'un concours proposé à des collégiens et des lycéens. L'objectif : susciter des vocations pour pouvoir recruter les meilleurs profils par la suite.

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Radio France
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Seul ou à deux, ces élèves de Seconde ont 45 minutes pour résoudre une dizaine d'exercices. (SOLENNE LE HEN / RADIO FRANCE)

Les services secrets recrutent ! La Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) recherche des profils scientifiques. Pour inciter les jeunes à se tourner vers les métiers de la sécurité extérieure, la DGSE co-organise un concours depuis lundi 11 décembre, jusqu'aux vacances de Noël. Ce concours, nommé Alkindi, propose à des élèves de 4e, 3e et seconde, de décrypter et casser en un temps record des chiffres et des codes. 

C'est la troisième année consécutive que la DGSE est partenaire de ce concours, qui avait regroupé en 2016 près de 50 000 candidats. franceinfo a rencontré une partie d'entre eux au lycée de la Vallée de Chevreuse, à Gif-sur-Yvette (Essonne).

Pas besoin d'être doué en mathématiques

Dès le début du concours, les élèves sont totalement accaparés par leur écran d'ordinateur. Les yeux rivés sur l'appareil, seul ou à deux, ils ont une dizaine d'exercices à résoudre en quarante-cinq minutes. Les énigmes sont très variées. On peut ainsi lire "les aliens sont de deux espèces différentes. Déplacez chaque message pour le mettre en face de l'alien qui parle cette langue" ou encore "la serrure du coffre ci-dessous est constituée de trois pièces métalliques"

Les candidats sont très concentrés. "On a mis ce qui se ressemblait ensemble mais il doit y avoir une logique", explique une adolescente. Car tout est affaire de logique : pas besoin d'être doué en mathématiques pour réussir. "Quand on dit à quelqu'un : 'Voici un message secret est-ce que tu peux le déchiffrer ?', il y a une curiosité naturelle qui fait que chacun essaie parce qu'on aime résoudre des puzzles. Même si les mathématiques nous font fuir, on a envie d'essayer", explique Mathieu Lequesne, de l'association Animath, qui co-organise le concours.

Des sciences, de la technologie, de l'ingénierie

Très vite, plusieurs groupes se forment : ceux qui savent, ceux qui croient savoir, ceux qui tentent - on ne sait jamais - et ceux qui baissent les bras. Ne pas réussir l'épreuve n'est pas synonyme d'échec car le véritable but du concours est ailleurs.

On ne recrute pas des candidats aussi jeunes, dans les lycées, mais on essaie de créer des vocations. On a besoin de motiver les jeunes pour aller vers les matières scientifiques.

Patrick Pailloux, directeur technique de la DGSE

à franceinfo

Ces compétences sont au cœur des métiers actuels de la DGSE, selon lui. "On a besoin de décrypter des communications, de savoir ce que les ennemis de la France veulent. Même pour les James Bond qui vont dans des zones extrêmement dangereuses, on a besoin de leur donner des gadgets, des moyens de communications clandestins donc on fait beaucoup de sciences, de technologie, d'ingénierie."

Donner une image plus moderne et positive

Grâce à ce concours, la DGSE espère aussi donner une image plus moderne et positive aux jeunes. Mais le travail est long : "Ce n'est pas comme ça que je voyais les choses !", admet une candidate. Un autre jeune confirme : "L'image est un peu moins belle que dans les films." 

Chaque année, les services secrets recrutent 400 agents au profil scientifique - "des matheux" traduit un élève. Grâce à ce partenariat, les meilleurs candidats seront invités à visiter des laboratoires de recherche en cryptographie avec, peut-être, une carrière d'agent secret en vue pour eux dans le futur.

Quand la DGSE fait passer un concours à des collégiens et lycéens - un reportage de Solenne Le Hen
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