Destruction d'un satellite par Moscou : "il est vital qu'on garde un usage pacifique de l'espace", réagit le porte-parole du ministère des Armées

Hervé Grandjean qualifie la destruction de satellites par Moscou "irresponsable, déstabilisatrice et dangereuse". Les débris qui vont rester dans l'espace peuvent être dangereux pour les satellites notamment.

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Hervé Grandjean, porte-parole du ministère des Armées, le 31 août sur franceinfo. (FRANCEINFO)

"Il est vital qu'on garde un usage pacifique de l'espace", a déclaré mardi 16 novembre sur franceinfo Hervé Grandjean, porte-parole du ministère des Armées, après la destruction par les Russes d'un de leurs satellites au cours d'un tir d'essai, qui a engendré des débris menaçant la Station spatiale internationale. "C'est une attitude irresponsable, déstabilisatrice et dangereuse", a-t-il estimé, rejoignant les propos de la ministre des Armées Florence Parly qui a dénoncé un peu plus tôt "les saccageurs de l'espace."

Pour Hervé Grandjean, cet acte n'est pas forcément la preuve que la Russie développe de nouveaux systèmes d'armement, mais c'est "un acte d'affirmation de puissance. Il y a une volonté de confrontation contre laquelle nous nous élevons, puisque nous souhaitons au contraire que l'espace soit un lieu pacifique."

Les débris entraînés par ce tir vont rester "pendant de très nombreuses années dans l'espace", ce qui engendre des "risques pour la sécurité des satellites et des personnes qui sont dans les vols habités comme l'ISS." Hervé Grandjean a rappelé l'engagement de la France et d'un grand nombre de pays pour diminuer la pollution de l'espace, "il y a une résolution de l'Assemblée générale des Nations Unies votée en 2020, mais pas par la Russie."

Les satellites se retrouvent de plus en plus menacés par l'accroissement des débris dans l'Espace, et la France "a besoin de ces satellites", a insisté le porte-parole des Armées. "On en a besoin pour des opérations militaires, mais aussi pour notre économie, quand on a besoin de se géolocaliser ou de réserver des vacances, commander une pizza".

"C'est comme s'il y avait un millier de boules de pétanque qui flottaient entre deux eaux sur l'océan Atlantique."

Hervé Grandjean, porte-parole du ministère des Armées

à franceinfo

La récupération de ces déchets est aussi une préoccupation avancée par le ministère des Armées même si aucune "campagne de ramassage" n'est pour l'heure prévue. "Ce n'est pas forcément très facile, il peut y avoir des dispositifs qui existent avec des filets mais on va déjà essayer de suivre ces débris, de les cartographier précisément." Il rappelle que le risque de collision est faible mais il existe, avec des petits débris entre un centimètre et un mètre.

Sur la question d'une éventuelle sanction diplomatique à l'encontre de la Russie, Hervé Grandjean est resté très prudent, mais rappelle "une condamnation avec la plus grande fermeté."

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