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Témoignages "J'ai tout perdu en un quart d'heure de grêle" : des agriculteurs "dévastés" après les violents orages

À un mois de la moisson, des agriculteurs des Yvelines et des Landes ont été touchés par les violents orages du week-end. Certains exploitants ont tout perdu.

Article rédigé par Sandrine Etoa-Andegue, franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min
David Vallée, agriculteur dans les Yvelines, constate les dégâts sur son exploitation après le passage d'un orage de grêle le week-end du 4 et 5 juin. (SANDRINE ETOA-ANDEGUE / RADIO FRANCE)

La chambre d’agriculture des Yvelines parle de catastrophe après l’épisode d’orages et de grêles du week-end du 4 et 5 juin.

>> Grêle, éclairs, nuages menaçants, cultures détruites... La France traversée par de violents orages

C'est surtout le sud du département qui est concerné. David Vallée, représentant local FNSEA, installé à Sonchamp, au sud de Rambouillet, exploite 200 hectares de céréales : blé, colza, orge et tournesol. En nous amenant vers son champ de blé qui longe la route Nationale 10, l'agriculteur nous prévient : "Je suis dans un état psychologique… je suis dévasté. C'est la première fois que ça m'arrive. Même mon père, en 40 ans de carrière, il n'a jamais vu ça."

Orages violents : la détresse d’un agriculteur des Yvelines - Sandrine Etoa-andegue

L'orage l'a surpris par son intensité. "Les grêlons n'étaient pas forcément très gros, comme des petites noix, mais c'était d'une violence..., raconte-t-il. Je croyais que ça allait casser les fenêtres de la baie vitrée. Je regardais par la fenêtre, mais quand j'ai vu les grêlons arriver, franchement, je suis tombé par terre. C'est une année de travail qui a foutu en l'air."

David Vallée, agriculteur dans les Yvelines, montre les dégâts causés par les orages sur ses cultures, le 5 juin 2022.
 (SANDRINE ETOA-ANDEGUE / RADIO FRANCE)

>> Orages : par endroit la vigne a été "hachée menu", alerte Christiane Lambert, la présidente de la FNSEA

Les violents orages et la grêle de samedi soir ont aussi fait beaucoup de dégâts dans le département des Landes chez les propriétaires de vignobles. "Il y a 100% des vignes qui sont touchées, elles sont quasiment détruites", déplore Jonathan Lalondrelle, agriculteur de 34 ans qui possède trois hectares de vignes sur la commune de Saint-Julien-d'Armagnac dans les Landes. "La récolte de cette année est compromise. 2020 la grêle, 2021 le gel, 2022 la grêle..., décrit-il. Cela devient très compliqué pour tous les agriculteurs du Sud-Ouest, du Gers, des Landes."

Des pertes importantes

Cette année, beaucoup de céréaliers comptaient sur l’envolée des prix avec la guerre en Ukraine pour refaire leur trésorerie. "Les années normales, on vendait le blé autour de 180 à 200 euros la tonne. Là, on est à 350 à 400 euros, donc ça a doublé. Pour nous, c'était une bonne année. Mais j'ai tout perdu en un quart d'heure de grêle."

"Je ne sais pas comment je vais faire manger mes enfants cette année."

David Vallée, agriculteur

à franceinfo

C’est une catastrophe de trop pour Jonathan Lalondrelle. "C’était une année importante pour les agriculteurs du sud-ouest, qui subissent des aléas climatiques, des aléas sanitaires. Et avoir ça maintenant, c'était ce qu'il ne fallait pas avoir, l'agriculteur landais. Quand vous avez des grêlons de cette taille, et puis la force et la vitesse à laquelle ça tombe, ça ne pardonne pas. Et aujourd'hui, tout est détruit sur toutes les exploitations qui étaient sur ces couloirs de grêle."

Une inquiétude pour le futur

Une année blanche qu’il faut compenser. "On va mettre les techniciens sur le terrain dès que possible pour faire une estimation des dégâts, explique Christophe Hillairet, président de la Chambre d’agriculture d’Ile-de-France, et ensuite mettre autour de la table tous les protagonistes du monde agricole, aussi bien les banques, les assurances, le système social avec la MSA pour essayer d'envisager comment est-ce qu'on peut accompagner globalement ces agriculteurs."  Et pour ces exploitants qui ont tout perdu ? "Je suis très inquiet, affirme Christophe Hillairet. Si on n'a pas des réponses, en tout cas à la hauteur de la survie de ces exploitations et de la survie même des exploitants qui sont plus que le moral dans les chaussettes." Un accompagnement sur le long terme est nécessaire.

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