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Sri Lanka : le décevant mirage d'une agriculture 100% biologique

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Sri Lanka : le décevant mirage d'une agriculture 100% biologique -
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Article rédigé par France 2 - L. Hakim, C. Airaud, A. Delcourt, Y. Moine, M. Renier, T. Lehec, T. Girlardet, B. Géron, F. Dumont
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Le Sri Lanka a souhaité devenir le premier pays au monde à revendiquer une agriculture 100% bio. Il est cependant allé trop vite, et a dû faire marche arrière. Les paysans se sont retrouvés confrontés à des terres où plus rien ne poussait, et ont rapidement dû se remettre aux engrais chimiques. 

Au cœur du Sri Lanka, dans des rizières qui tapissent les plaines, Hirimaih Banda, agriculteur, répète depuis une semaine tous les jours le même geste. "Je jette de l'engrais chimique, c'est ce qui fait pousser mon riz", confie-t-il. Il y a encore quelques mois, tous les engrais chimiques et pesticides étaient complètement bannis du pays. "En avril, je n'ai pas pu le faire car on ne trouvait pas d'engrais chimiques. (…) On nous a dit qu'on devait passer aux engrais biologiques, (…) mais ça n'a pas marché. Ça a été un échec, et les fermiers se sont mis à manifester", raconte-t-il. 

Le pays fait marche arrière après six mois

Le Sri Lanka a été le premier pays au monde à passer, en avril 2021, à une agriculture 100% bio, avant de faire machine six mois plus tard. Santha Gunasekara est l'un des sept millions d'agriculteurs à avoir été obligé de se convertir, du jour au lendemain. Il cultivait des haricots, des concombres ou encore du poivre. Sans produit chimique, il s'est retrouvé désemparé : plus rien ne poussait. Il a dû abandonner la moitié de ses terres. "J'ai besoin de temps pour me convertir au bio. Ça se fait sur le long terme, sur trois ans, au moins", note-t-il. 

Au total, un tiers des terres cultivables ont été abandonnées dans le pays, après la tentative de passage à l'agriculture bio. Sans accompagnement ni stock suffisant d'engrais organiques sur l'ile, les fermiers n'ont rien pu faire. Le pays a été confronté à des baisses de production, puis des pénuries, et enfin une flambée des prix. 

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