Restriction d'eau et sécheresse : "les fruits et les légumes sont très affectés"

Mercredi 10 juillet, 47 départements sont concernés par des mesures de restriction d'eau en France. Michel Portier, directeur général et fondateur du cabinet Agritel, s'inquiète : "les incidents climatiques sont de plus en plus importants".

Marché de Rungis (décembre 2017).
Marché de Rungis (décembre 2017). (MARTIN BUREAU / AFP)

Alors que 47 départements sont concernés par les restrictions d'eau, mercredi 10 juillet, le site gouvernemental Propluvia indique également que 95 arrêtés ont été pris pour inciter ou obliger les particuliers et professionnels à économiser l'eau. 

Michel Portier est directeur général et fondateur de la société indépendante Agritel, spécialisée dans la gestion des marchés agricoles et agro-industriels. Sur franceinfo, il explique que si "les grandes cultures comme le blé et l'orge sont peu affectées", les prix de certains fruits et légumes dans les régions les plus touchées vont certainement grimper.

franceinfo : Avec ces conditions climatiques, est-ce que les prix des produits agricoles vont grimper ?

Michel Portier : Les prix vont grimper certainement et essentiellement sur certains fruits et légumes surtout dans les régions les plus touchées. Certains vergers dans certaines régions ont beaucoup souffert, à la fois tant par la sécheresse que par les épisodes orageux. Les incidents climatiques sont de plus en plus importants. On a des phénomènes exceptionnels : quand il pleut, il pleut énormément. Et on bat des records de températures dans de nombreuses régions. Pour les produits agricoles qui sont dépendants du climat, on se retrouve avec des variations de production de plus en plus importantes.

Il y a déjà eu des vagues de sécheresse l'année dernière, la hausse des prix s'est sentie cette année ? 

La vague de sécheresse et les très fortes températures ont sévi essentiellement en fin de cycle pour les céréales à paille, comme le blé et l'orge. On constate avec les premiers résultats que leur production sera normale. Les récoltes sont dans la moyenne des cinq dernières années. On ne devrait pas avoir une hausse des prix significative, pour les céréales à paille en tout cas. La difficulté va se concentrer chez les éleveurs qui font pâturer leurs animaux car les prés sont extrêmement secs. Les fruits et les légumes sont très affectés. Les grandes cultures comme le blé et l'orge sont peu affectées, et les éleveurs vont être une fois de plus très affectés parce que la production d'herbe va être réduite.

Qu'en est-il des vignes ?

Ça va être extrêmement hétérogène. Selon les régions et les productions, des grappes résistent mieux que d'autres. Là où il n'y a pas eu de dégâts liés à la grêle et aux orages, on pourrait au contraire dire que ces températures élevées et ce soleil dominant permettront d'avoir une qualité qui viendra compenser la quantité.