Rester rentable en réduisant les pesticides, c'est possible : l'expérience de 3 000 agriculteurs français

Des agriculteurs engagés dans la réduction des pesticides dévoilent leurs résultats, huit ans après le début de l'expérimentation. Des chiffres encourageants, mais insuffisants pour contrebalancer la consommation de produits phytosanitaires, en hausse en France.

Illustration. Ballots de paille et tracteurs en temps de moisson, en juillet 2018, en Haute-Saône.
Illustration. Ballots de paille et tracteurs en temps de moisson, en juillet 2018, en Haute-Saône. (JEAN-FRANCOIS FERNANDEZ / RADIO FRANCE)
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Un usage de pesticides réduit de 43% en horticulture, de 25% en arboricultures... c'est le bilan de 3 000 agriculteurs de toute la France engagés depuis huit ans à réduire leur utilisation de pesticides.

Ensemble, ils se sont lancés dans le réseau Déphy pour une démarche "écophyto" : une agriculture sans pesticides mais sans perdre non plus en rentabilité. "Pour certaines filières, on atteint des réductions qui vont au-delà de 50%, se réjouit Virginie Brun, cheffe du projet Déphy. Les agriculteurs qui participent sont convaincus que le changement est nécessaire et que des solutions techniques existent pour produire avec moins de pesticides, tout en conservant des systèmes robustes d'un point de vue économique"

Un risque, mais des économies

L'horticulture est la filière qui est parvenue à réduire le plus drastiquement son usage des pesticides, suivi des légumes et des cultures tropicales, pour lesquelles les traitements ont baissé de plus d'un tiers. 

Si les résultats du projet Déphy sont prometteurs, les agriculteurs engagés ne représentent toutefois que 1% de la profession, et les pratiques peinent à se démocratiser. "Aujourd'hui, faire l'impasse sur un traitement fait prendre un risque à l'agriculteur pour sa production, regrette Claude Cochonneau, le président des chambres d'agriculture. Mais à force de répéter, on va y arriver. Parce qu'on est aussi en mesure de prouver que faire l'impasse sur les produits phytosanitaires se traduit par une économie. On a tout ça a montrer aux agriculteurs." 

Des améliorations d'un côté, mais un recul de l'autre : en 2017 la consommation de pesticides en France a encore augmenté de 0,3%. L'objectif d'une réduction de 25% des pesticides d'ici 2020 paraît difficile à atteindre.