Néonicotinoïdes : Nicolas Hulot "appelle les députés à ne pas voter" le texte pour les réautoriser

Estimant que réautoriser ces insecticides "n'est pas la solution", l'ancien ministre de l'Ecologie suggère d'indemniser les betteraviers.

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France Télévisions
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Nicolas Hulot lors d'un débat organisé par la Fondation Abbé Pierre à La Défense (Hauts-de-Seine), le 31 janvier 2020. (MICHEL STOUPAK / NURPHOTO / AFP)

Nicolas Hulot "appelle les députés à ne pas voter" le projet de loi controversé permettant la réautorisation temporaire des néonicotinoïdes pour préserver la filière betteraves, dont l'examen commence lundi 5 octobre à l'Assemblée. "Prolonger l'usage des néonicotinoïdes pour la filière de la betterave, alors que leur interdiction a été votée en 2016, ce n'est pas une solution", déclare l'ancien ministre de l'Ecologie dans un entretien au Journal du dimanche.

Ce projet de loi prévoit le recours temporaire et encadré à ces insecticides néfastes pour les abeilles. Le gouvernement le justifie par la sauvegarde d'une filière qui emploie 46 000 personnes dont 25 000 agriculteurs. En effet, dans de nombreuses régions, les betteraves issues de semences non enrobées d'insecticide sont atteintes de "jaunisse" à cause d'un puceron. Le gouvernement est toutefois accusé de brouiller son message sur la transition écologique avec ce texte.

Nicolas Hulot concède qu'"on ne peut pas laisser ce secteur [de la betterave] au bord de la route". "Ma fondation a estimé les pertes pour cette année à 77 millions d'euros pour les betteraviers. Indemnisons-les en échange de la mise en place de pratiques : allongement des rotations, réintroduction des haies...", dit-il. La ministre de la Transition écologique Barbara Pompili, qui avait elle-même porté en 2016 la loi interdisant ces insecticides, appuie désormais leur réautorisation ciblée. "Je ne lui jette pas la pierre. J'ai été dans des situations identiques en ayant à gérer des injonctions contradictoires", assure Nicolas Hulot, qui a été ministre de mai 2017 à septembre 2018 avant de démissionner avec fracas, estimant que les actions de l'exécutif étaient insuffisantes.

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