Menace du loup sur l'activité des bergers : "La mondialisation, notre manière de consommer, sont beaucoup plus dangereuses"

Jean-Marc Landry, président d'une fondation pour la préservation de la biodiversité, a évoqué le "plan loup" alors que les éleveurs de brebis manifestant à Lyon (Rhône-Alpes).

Deux loups dans le Mercantour pendant une capture.
Deux loups dans le Mercantour pendant une capture. (VALERY HACHE / AFP)

Alors que de nombreux éleveurs de brebis se sont donnés rendez-vous à Lyon lundi 9 octobre pour manifester contre le "plan loup", qui vise à protéger l'espèce en fixant un quota maximum d'abattage par an, Jean-Marc Landry a estimé sur franceinfo qu'il fallait mieux accompagner le pastoralisme en France.

Selon Jean-Marc Landry, président de la fondation qui porte son nom et qui œuvre pour la préservation de la biodiversité, la présence du loup peut effectivement "fragiliser pas mal d'exploitations", mais n'est que la "goutte d'eau qui fait déborder le vase".

franceinfo : selon l'office national de la chasse et de la faune sauvage, il y aurait 360 loups en France. Où les trouve-t-on?

Jean-Marc Landry : Il y a des loups dans toutes les Alpes, on commence à avoir pas mal de loups qui se présentent dans le Massif Central, quelques-uns dans les Pyrénées, et puis dans les Vosges et dans le Grand Est de la France. Ils représentent un danger pour les brebis qu'ils consomment, bien entendu. Pour les humains ce n'est pas un problème, mais le pastoralisme est confronté à beaucoup de problèmes économiques et la présence du loup peut fragiliser pas mal d'exploitations.

Pour les éleveurs, les attaques de loup mettent en danger la survie du pastoralisme, est-ce exact ?

Le loup est simplement révélateur de ce qui est en train de se passer. Je pense que la mondialisation, notre manière de consommer, sont beaucoup plus dangereuses pour le pastoralisme et l'agriculture en général. Le loup est un peu la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Les éleveurs et les bergers protègent leurs troupeaux, avec des chiens de protection, des clôtures, et tout ce qu'on peut leur mettre à disposition, mais il faut bien comprendre que dans la population, la majorité des gens sont en faveur du loup, et ceux qui sont contre le loup sont ceux qui ont toutes les contraintes. Même si 80% des éleveurs, dans les Alpes, sont peu attaqués, ils ont toujours ces contraintes, ils ont toujours les chiens. Même en hiver, quand il n'y a plus de loups et plus d'attaques, ils ont toujours les clôtures à installer, ils ont des problèmes avec le tourisme, avec les communes. Et c'est là où il y a un très grand déséquilibre. Notre société devrait soutenir le pastoralisme et ces personnes-là, en consommant leurs produits, notamment.

Peut-il y avoir plus de loups en France ?

C'est la grande question. Pour les éleveurs, les loups sont déjà trop nombreux. Mais pour les naturalistes, les scientifiques ou la population en général, le loup devrait couvrir toute la France. Et c'est impossible pour nous de dire où le loup va aller. Dans le Grand Est, on ne s'attendait pas à avoir de loup en plaine, comme on peut le voir en Espagne. Toute la question est de savoir, si on ne veut pas plus de loup, comment on fait pour l'arrêter. Certains préconisent de "tirer" plus de loups. D'autres veulent laisser les loups s'installer et trouver une solution pour faire cohabiter les élevages ovins, bovins et caprins, avec le loup.