Mai 68 : champs révolutionnaires

La révolte de Mai 68 a 50 ans. Elle n'a pas uniquement concerné les étudiants parisiens du Quartier latin et les ouvriers dans les usines. Les agriculteurs ont également participé au mouvement et rêvé de jours meilleurs, en particulier dans l'ouest de la France.

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Joseph Potiron nous entraîne vers son passé. Dans le hangar de sa ferme restent des vestiges de Mai 68 : des tracteurs à bout de souffle. C'est sur l'un d'entre eux qu'il est entré dans Nantes (Loire-Atlantique), un certain 24 mai 1968. Âgé de 35 ans, il porte avec des centaines de paysans leurs revendications au coeur de la ville. "On était fiers de se retrouver unis, avec les ouvriers, avec les étudiants", raconte Joseph Potiron, ancien agriculteur à la Chapelle-sur-Erdre.

Dénonciation de l'endettement des paysans

Depuis des mois, la colère gronde dans les campagnes de l'ouest de la France. Ce jour-là, à l'appel de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles), le monde agricole converge vers la place royale (Nantes). Il dénonce l'endettement des paysans, la baisse des prix et la politique agricole commune. La journée s'achève sur de violents affrontements avec la police, dans le centre-ville et autour de la préfecture. La convergence des luttes, née sur le pavé nantais, se poursuit dans une solidarité concrète, aux portes des usines.

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Des grèvistes en mai 1968 à Paris.
Des grèvistes en mai 1968 à Paris. (JACQUES MARIE / AFP)