Lutte contre la grippe aviaire : le professeur Jean-Luc Guérin se dit "surpris par l'extrême contagiosité" du virus

Plus de 600 000 canards ont été abattus en France depuis qu'un premier foyer de contamination a été repéré début décembre dans le Sud-Ouest.

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Radio France
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Un élevage de canards à Bénesse-Maremne dans les Landes, menacé par l'épidémie de grippe aviaire. (IROZ GAIZKA / AFP)

Jean-Luc Guérin, professeur à l'Ecole nationale vétérinaire de Toulouse (ENVT), spécialisé en aviculture et pathologie aviaire, se dit samedi 9 janvier sur franceinfo "surpris par l'extrême contagiosité" du virus, alors que des "centaines de milliers" de canards vont être tués, après l'extension des abattages annoncés vendredi par le gouvernement.

franceinfo : Cet épisode de grippe aviaire est-il plus grave que les précédents ?

Jean-Luc Guérin : A ce stade, il est difficile de faire un classement, mais il faut reconnaître que nous sommes tout à fait surpris par l'extrême contagiosité. Certains cas peuvent se comprendre, d'autres plus difficilement. Donc la maîtrise aujourd'hui de l'expansion du virus est compliquée. L'abattage des canards malades, un dépeuplement préventif en amont du front du virus, une mise à l'abri des animaux pour limiter le risque d'être en contact avec le virus, ce sont les outils que nous avons à disposition aujourd'hui.

A la suite des crises précédentes, des mesures de précaution ont été mises en place. Cela ne suffit pas ?

Il y a effectivement toute une série de mesures qui ont été mises en place dans les élevages, dans les transports, des dispositifs de surveillance qui ont été diversement respectées suivant les territoires. Ces mesures ont été mises en place et elles sont globalement positives. Ce qu'il faut voir aujourd'hui, c'est que, face à l'ampleur et la sévérité de ce risque, elle sont dépassées, clairement. Maintenant, je pense qu'il faudra faire un bilan complet à froid lorsque la crise aura été contrôlée pour bien identifier ce qui a éventuellement aidé et ce qui n'a pas aidé. Et en particulier, quand on voit les densités d'animaux qui sont restés sans capacité d'être mises à l'abri, qui sont restés dehors au début de la crise, cela n'a sans doute pas aidé au contrôle de l'épizootie.

L'enjeu, c'est d'aller plus vite que le virus ?

L'enjeu, c'est de monter en charge. Ce sont des enjeux essentiellement logistiques qu'il faut arriver à mettre en œuvre. Il faut aussi respecter les éleveurs, il faut respecter les animaux. Il faut que le travail soit fait en respect des règles de bien-être. C'est toutes ces contraintes-là qu'il faut arriver à concilier. Ces opérations sont dans l'intérêt des éleveurs.

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