Les agriculteurs manifestent durant la "nuit de l'élevage en détresse"

Plusieurs milliers d'agriculteurs ont protesté, jeudi, contre la faiblesse des prix de leur production.

Un feu de paille devant la préfecture de région, à Rennes (Ille-et-Vilaine), le 2 juillet 2015.
Un feu de paille devant la préfecture de région, à Rennes (Ille-et-Vilaine), le 2 juillet 2015. (THOMAS PAGA / FRANCE 2)

Opérations escargots, feux de paille, tas de fumier sur la chaussée, tags de magasins de la grande distribution... Plusieurs milliers d'agriculteurs, éleveurs et producteurs de lait, ont manifesté, jeudi 2 juillet, dans toute la France, principalement dans l'Ouest. Cette "nuit de l'élevage en détresse" était organisée pour dire leur "ras-le-bol" face à l'absence de remontée des prix de leur production.

A l'appel de la FNSEA et des Jeunes Agriculteurs (JA), ils ont convergé vers les préfectures par convois de plusieurs dizaines de tracteurs avec remorques chargées de paille, fumier et pneus. Aux cris de "on ne rigole plus", "voleurs" et "mangeons français", les éleveurs de porcs et de bovins, mais aussi les producteurs de lait, entendaient protester contre la non-application, selon eux, de l'accord conclu sous l'égide du ministère de l'Agriculture, il y a quinze jours, censé faire remonter les prix.

Des prix qui ne couvrent pas les coûts de production

"Comment ne pas se sentir trahis alors que tous les opérateurs et les distributeurs, en présence du ministre, ont juré, la main sur le cœur, que les producteurs seraient mieux payés demain", a commenté Jean-Paul Goutines, président de la FRSEA Pays de la Loire. Le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, a demandé mercredi au médiateur des relations commerciales agricoles de contrôler ces accords.

Ils estiment que les trop faibles prix de la viande, de porc comme de bœuf, ne leur permettent pas de couvrir leurs coûts de production. Le revenu des producteurs de viande bovine a ainsi chuté à environ 12 000 euros par an, selon la FNSEA. 

 

Environ 200 personnes ont manifesté à Saint-Brieuc (Côtes-d'Armor). Ils étaient plusieurs centaines à Rennes (Ille-et-Vilaine), environ 500 à Saint-Lô (Manche), et 200 à 300 à Saint-Etienne-de-Montluc (Loire-Atlantique). Dans les autres régions, les actions ont été plus modestes. Dans le Lot, à Cahors, environ 200 agriculteurs ont déversé du foin et de la terre devant les enseignes Carrefour et Leclerc, en prévenant qu'ils se réservaient la possibilité d'actions "dans les hypers pendant l'été".