L'utilisation du glyphosate autorisée pour cinq années supplémentaires dans l'Union européenne

Dix-huit Etats ont voté pour, lundi. Neuf contre, dont la France.

Du désherbant de la marque Roundup, contenant du glyphosate, dans un magasin de Bonneuil-sur-Marne (Val-de-Marne), le 16 juin 2015.
Du désherbant de la marque Roundup, contenant du glyphosate, dans un magasin de Bonneuil-sur-Marne (Val-de-Marne), le 16 juin 2015. (CHARLES PLATIAU / REUTERS)
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Après six reports, le vote était très attendu. Les Etats membres de l'Union européenne ont décidé, lundi 27 novembre, de prolonger de cinq années l'autorisation d'utiliser le glyphosate, l'herbicide le plus répandu au monde. Ce qui constitue un surprise, selon la Commission européenne. Dans le détail, 18 pays ont voté pour, neuf contre (dont la France et le Luxembourg). Un seul pays s'est abstenu : le Portugal.

Dans la foulée, Matignon a "regretté" ce résultat, et Emmanuel Macron a annoncé qu'il souhaitait que la France interdise le glyphosate d'ici trois ans.

L'Allemagne, qui s'était abstenue au tour précédent au début du mois de novembre, a finalement voté en faveur de la proposition. Berlin semble avoir changé d'avis après avoir demandé des modifications au texte en lien avec des restrictions sur l'usage privé du glyphosate et le respect de la biodiversité. C'est ce changement de position de l'Allemagne, un poids lourd démographique, qui a fait pencher la balance en faveur d'une nouvelle autorisation.

"C'est la victoire du business sur la science"

Les réactions sont mitigées. Il faut dire que cette molécule controversée, substance active de nombreux herbicides, est au cœur d'un débat acharné au sein de l'Union européenne. La ministre luxembourgeoise de l'Environnement Carole Dieschbourg a affirmé sur Twitter que "le combat" devait "continuer".

Autre réaction, celle de José Bové, député européen du groupe Europe Ecologie les Verts (EELV). "C'est la victoire du business sur la science", écrit-il sur Twitter.

La Commission européenne va maintenant adopter une décision avant que l'autorisation actuelle n'expire, c'est-à-dire avant le 15 décembre.