Ille-et-Vilaine : Lactalis condamné à 250 000 euros d'amende pour la pollution de la Seiche

Le tribunal considère que Lactalis a fait preuve de négligences sur ce site, avant et pendant cette pollution et que la société laitière de Retiers a beaucoup trop tardé à réagir pour la stopper.

L\'entreprise Lactalis, à Laval (Mayenne), le 17 janvier 2018.
L'entreprise Lactalis, à Laval (Mayenne), le 17 janvier 2018. (JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP)

Le tribunal correctionnel de Rennes a condamné la société laitière de Retiers, du groupe Lactalis, à 250 000 euros d'amende, mardi 7 mai, rapporte France Bleu Armorique. En cause : la pollution de la rivière la Seiche qui a entraîné la mort de dizaines de milliers de poissons en août 2017.

Les 17 et 18 août 2017, deux incidents techniques se produisent sur une nouvelle lactoserie encore en rodage sur le site de la société laitière de Retiers du groupe Lactalis. Très vite, la station d'épuration dédiée à cette usine déborde dans la Seiche et entraîne une pollution de la rivière sur plus de huit kilomètres. Des dizaines de milliers de poissons vont alors mourir asphyxiés.

Lactalis a "fait preuve de négligence"

Le tribunal correctionnel de Rennes a rendu son délibéré mardi 7 mai. Il condamne la société laitière de Retiers à 250 000 euros d'amende, comme l'avait requis le procureur de la République lors du procès le 5 mars 2019. Le tribunal considère que Lactalis a fait preuve de négligences sur ce site, avant et pendant cette pollution et que la société laitière de Retiers a beaucoup trop tardé à réagir pour la stopper. En revanche, le tribunal a relaxé la société SPX Flow Technology qui achevait la mise en place de la nouvelle lactoserie dans l'usine de Retiers. Le jugement sera par ailleurs publié dans la presse. 

Sept associations de pêche ou environnementales s'étaient portées parties civiles dans ce procès. Lactalis devra leur verser en tout 75 000 euros pour le préjudice subi. Jérémy Grandière, le président de la fédération de pêche d'Ille-et-Vilaine, qui avait été le premier à dénoncer cette pollution en août 2017, a réagi à l'issue du délibéré : "Je crois qu'il est grand temps aujourd'hui de montrer comment fonctionne ce groupe. Ces gens-là ont fait preuve de beaucoup de négligence. Ils ont délibérément continué leurs rejets, ils n'ont jamais pris en compte leur traitement, il y a eu plein de priorités sauf celle-ci, c'est dramatique".

Brieuc Le Roch, chargé de mission juridique de l'association Eaux et Rivières de Bretagne, elle aussi partie civile, estime que ces 250 000 euros d'amende ne pèsent pas lourd pour un groupe comme Lactalis mais que "la plus grande satisfaction c'est évidemment la publication du jugement pour que tous les citoyens et tous les groupes industriels soient informés de cette condamnation".  Les avocats de la société laitière de Retiers étaient absents pour ce délibéré.