Suicide chez les agriculteurs : il faut les aider "à vivre, et non les aider à mourir", lance un élu du Lot-et-Garonne

Patrick Maurin, conseiller municipal de Marmande dans le Lot et Garonne, s'est lancé le 23 septembre dans une grande marche pour alerter les Français et les politiques sur le suicide des agriculteurs, qui ne fait qu'empirer depuis 2011 selon lui.

Une manifestation d\'agriculteurs à Agen (Lot-et-Garonne), le 23 janvier 2017.
Une manifestation d'agriculteurs à Agen (Lot-et-Garonne), le 23 janvier 2017. (MEHDI FEDOUACH / AFP)

"Il faut que j'arrive à faire prendre conscience à monsieur tout le monde qu'il y a un réel malaise et que nous devons activement aider les agriculteurs à vivre, et non les aider à mourir", a affirmé dimanche 14 octobre à France Bleu Mayenne Patrick Maurin, conseiller municipal de Marmande dans le Lot-et-Garonne. L'élu s'est lancé dans une grande marche pour alerter les Français et les politiques sur le suicide des agriculteurs. En France, un agriculteur se suicide tous les deux jours. C'est 20 à 30 % de plus que le reste de la population. 

"Depuis 2011, cela ne fait qu'empirer"

Vêtu d'un blouson rouge, béret sur la tête et bâton de pèlerin en main, Patrick Maurin est parti le 23 septembre dernier de chez lui. Il arrive dimanche 14 octobre dans le Morbihan. 

L'élu demande aux politiques d'être "un petit peu plus à l'écoute de ce qui se passe", car il estime qu'il y a "un abandon de la classe politique" sur cette question. Il rappelle qu'en 2011, Bruno Le Maire, alors ministre de l'Agriculture, avait annoncé le suicide des agriculteurs comme "cause nationale". Selon lui, "depuis 2011, cela ne fait qu'empirer".

Patrick Maurin a écrit au président Emmanuel Macron pour lui faire part de ses inquiétudes sur la "pauvreté" de la profession et sur la nécessité d'agir. "Les fondations de la France, c'est la terre", souligne l'élu local. "On sait très bien que s'il n'y a pas de fondation à un bâtiment, il ne va pas loin. Il se casse vite la figure".