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Blocage de dépôts de carburant : les Jeunes Agriculteurs reprochent au gouvernement de vouloir engager "un bras de fer"

Jonathan Lalondrelle, président des Jeunes Agriculteurs de Nouvelle-Aquitaine, a expliqué, lundi sur franceinfo, que le ministre de l'Agriculture Stéphane Travert n'a "pas respecté ses engagements" avec les agriculteurs.

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Radio France
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Une opération coup de poing des agriculteurs dans une station de carburants à Ris-Orangis, près du dépôt de Grigny (Essonne). (RADIO FRANCE / RAYMOND ALBOUY)

Les agriculteurs bloquent 16 sites pétroliers, lundi 11 juin, soit deux de plus que ce qui avaient été annoncé par la FNSEA et les Jeunes agriculteurs. Ils dénoncent le double discours du gouvernement et l'autorisation de l'importation d'huile de palme pour le carburant.

>>> DIRECT : raffineries bloquées par les agriculteurs

Pour Jonathan Lalondrelle, président des Jeunes agriculteurs de Nouvelle-Aquitaine, invité de franceinfo lundi, le ministre de l'Agriculture Stéphane Travert n'a "pas respecté ses engagements" avec les agriculteurs et veut engager "un bras de fer" avec eux.

franceinfo : Stéphane Travert dit ce matin que ces blocages sont illégaux, que lui répondez-vous ?

Jonathan Lalondrelle : J'ai envie de lui dire : "Respectez vos engagements, respectez les agriculteurs et respectez le travail qui a été fait depuis plus d'un an sur les états généraux de l'alimentation." Quand on demande aux agriculteurs de venir autour de la table avec tous les autres acteurs qui gravitent autour du monde agricole pour trouver des solutions, améliorer le revenu des agriculteurs, organiser des filières et ensuite annoncer qu'ils préfèrent vendre des Rafale en Malaisie contre l'huile de palme et organiser la déforestation ailleurs pour s'acheter la paix avec les citoyens français, les agriculteurs trouvent cela inacceptable. Il a respecté ses engagements avec Total et la Malaisie, pas avec les agriculteurs.

Il dit que les producteurs de colza ne doivent pas être les parents pauvres des filières sur les biocarburants, c'est ce que vous sentez ?

Évidemment, puisque cette problématique de l'huile de colza va au delà de ces biocarburants et des réflexions menées pendant les états généraux de l'alimentation. Aujourd'hui, la filière de colza tient sur deux jambes : la partie biocarburants, l'huile de colza, et derrière, la filière colza qui permet de produire des protéines végétales pour l'alimentation animale. Demain, si vous détruisez la filière biocarburants, vous détruisez la filière colza, vous détruisez aussi la filière protéine animale. Derrière, on va recommencer à importer du soja, du colza, notamment OGM, d'autres pays du monde.

Mais le colza c'est de l'agriculture intensive ? Pourquoi ne pas mettre en avant aujourd'hui des raisons écologiques ?

Le colza est une production comme les grandes cultures françaises. Aujourd'hui, on respecte toutes les normes, tous les engagements. Sortir du glyphosate ou réduire les produits phytosanitaires, ce qui est déjà fait depuis un moment, ce n'est pas un problème pour les agriculteurs. On demande simplement du temps et des moyens pour le faire. Aujourd'hui, le dialogue avec le gouvernement n'est pas là. Nous ne sommes pas écoutés, nous ne sommes pas entendus. Les seules réponses du ministre de l'Agriculture sont de dire aux Français : "Il n'y aura pas de pénurie de carburant, vous pourrez continuer votre vie habituelle et les agriculteurs français, s'ils crèvent, ce n'est pas grave." Moi, j'ai envie de demander à M. Travert : "Répondez à vos agriculteurs avant qu'ils ne vous désavouent."

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