Bière de ville, champignons de balcon, parcours végétal... Marseille se prépare aux "48 heures de l'agriculture urbaine"

Faire pousser des fraises sur un toit, des champignons dans des sous-sols, ou créer des jardins participatifs au beau milieu d’entreprises... "Les 48 heures de l'agriculture urbaine" se déroulent en France ce week-end. A Marseille, le retour de l’agriculture urbaine balbutie encore.

La Friche Belle de Mai, un jardin collectif à Marseille.
La Friche Belle de Mai, un jardin collectif à Marseille. (MAXPPP)

Il y a 70 ans, à Marseille, il y avait des vaches à Sainte-Marthe, des terres agricoles entre les bastides et le quartier de la Plaine était surnommé le "ventre" de la citée phocéenne. La ville était autosuffisante à 100 %. Aujourd’hui, elle ne produit plus qu’1,03% de ce qu’elle consomme.

Samedi 21 et dimanche 22 avril, à l'occasion des "48 heures de l'agriculture urbaine", certains vont tenter de recréer ce lien végétal. Preuve que l’agriculture urbaine gagne à nouveau du terrain à Marseille : plus de 80 structures de l'agriculture, de l'alimentation, de l'écologie et des arts participent à cet événement national ouvert à tous.

Marseille se prépare pour les "48 heures de l'agriculture urbaine" : un reportage de Marie-Christine Lauriol
--'--
--'--

L'une des animations proposées pendant ces deux jours dédiés à l'agriculture urbaine est un parcours pour végétaliser la ville. "On a commandé 1 500 plants de variétés nouricières et non nouricières : fleurs, onions, choux, salades etc., indique Marion Schnorf, la directrice de la Cité de l’agriculture qui coordonne l'événement pour Marseille. Il y a une centaine de lieux sur Marseille avec des jardinières vides ou des pieds d'arbre pas forcément végétalisés."

Les gens vont partir en mission avec des plants, de la terre et un petit arrosoir pour aller végétaliser tous les espaces creux du centre-ville.Marion Schnorf, directrice de la Cité de l’agricultureà franceinfo

Chacune de ces petites actions permettra de créer un grand jardin, une sorte de corridor écologique à travers la ville. "C'est une balade à travers le quartier de Belsunce qui passe par les jardinières de quartiers, mais qui s'intéresse aussi à la hauteur des immeubles de Marseille, renchérit Guillaume Stalana, paysagiste, et particulièrement ces deux grands IGH [immeuble de grande hauteur] pour parler de la ferme urbaine verticale possible." Parmi les autres activités de ces deux jours, il y a une initiation à l’apiculture alternative, une présentation des méthodes de compostage des biodéchets en milieu urbain ou encore une exposition des photos des installations végétales des particuliers.

Un grand banquet avec les produits locaux

Mais, pour se développer, l'agriculture urbaine doit aussi se retrouver dans les assiettes. Dimanche à la mi-journée, un grand banquet gourmand est organisé avec les MiaM (pour "made in à Marseille"). "Imaginez, vous avez sur le cours Joseph Thierry -une grande place à Marseille- un grand banquet, des tables, des bancs et, autour, les producteurs, se réjouit Stéphane Chevé, fondateur des Temps Gourmand, un site de vente en ligne des petits producteurs. Il y a notamment "le petit producteur de champignons qui fait pousser ses champignons à Marseille ou quelqu'un qui fait des grillons, le vin du chai marseillais, la bière d'un brasseur qui fait pousser le houblon chez ses clients sur leurs terrasses un peu partout dans la ville", détaille-t-il.

Au total, Marseille compte 35 porteurs de projets qui officient aujourd’hui dans la ville. Leur prochain défi sera de récupérer des espaces fonciers pour ramener les cultures dans le centre. Il faut, pour cela, convaincre les collectivités de libérer une partie des 193 hectares disponibles dans la ville pour l’agriculture urbaine.