À La Clusaz, une opposition inédite contre une retenue d'eau pour les canons à neige : "Faut-il conforter ce modèle ?"

Pour renforcer ses capacités en neige artificielle, la station de ski de La Clusaz a lancé un grand projet de retenue d’eau. Elle fait face l'opposition des défenseurs de l'environnement qui contestent ce modèle du développement de la montagne.

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Radio France
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Le projet de nouvelle retenue collinaire prend place sur le plateau de Beauregard (GRÉGORY YETCHMENIZA / MAXPPP)

La station de La Clusaz (Haute-Savoie) a lancé, samedi 11 décembre, sa saison de ski dans un contexte de tension autour de son avenir. Pour s’adapter au réchauffement climatique, la municipalité souhaite renforcer les capacités en neige artificielle et a lancé un grand projet de retenue d’eau de 148 000 m³ pour augmenter la surface d’action de ses canons à neige, mais elle fait face à une opposition inédite en montagne.

À la mi-novembre, des membres d’Extinction Rebellion sont venus occuper le bois de la Colombière où la mairie veut creuser cette retenue d’eau potable grande comme plusieurs terrains de football. Ils rejoignent ce qui est déjà un mille-feuille d’opposants plutôt investis jusque-là dans les débats sur la retenue. "Cela ajoute des actions sur le terrain à la discussion et à la concertation, explique Jacques Millouet, président de l’association La Nouvelle Montagne. C'est une manière aussi de faire comprendre que l'ensemble des intervenants sont déterminés pour lutter contre ce projet."

Un autre modèle de développement

L’association de Jacques Millouet est la première à s’être mobilisée. La Nouvelle Montagne a été fondée par des riverains et a été épaulée par des structures déjà engagées dans la défense d’un modèle de développement durable en montagne. "Le projet aujourd'hui est symbolique de deux visions du développement de la montagne qui s'opposent un peu, en plus de l'argent public qui est investi", Corentin Mele, chargé de mission à France Nature Environnement de Haute-Savoie.

"Le projet de La Clusaz actuellement arrive avec une forte valeur symbolique car il y a un réveil des citoyens qui habitent dans les vallées."

Corentin Mele, France Nature Environnement de Haute-Savoie

à franceinfo

Ce qui cristallise aussi l’opposition sur ce projet c’est qu’il arrive au moment où la région présente son deuxième plan montagne avec une enveloppe importante pour la neige artificielle. Derrière, c’est un choix de développement qui se joue, estime Valérie Paumier qui a fondé Résilience Montagne : "Est-ce qu'on doit augmenter les besoins en neige artificielle ou en capacité touristique ? Parce que c'est lié quand on doit économiser des ressources. Faut-il conforter un modèle alors qu'on sait que dans quelques dizaines d'années même pas, il va énormément souffrir ?" Le projet de La Clusaz attend maintenant un décret d’utilité publique. Les opposants disent qu’ils ont déjà plusieurs avocats et 18 000 euros pour financer des recours administratifs.

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