Retraites : "La réforme il faudra la faire, mais arrêtons de mélanger tout et son contraire", prévient le président de la CPME

François Asselin estime que "rajouter dans le courant de l'été cette réforme en accéléré va braquer beaucoup de syndicats de salariés et certainement fourbir leurs armes pour la rentrée".

François Asselin, le 24 juin 2020, à Paris.
François Asselin, le 24 juin 2020, à Paris. (LUDOVIC MARIN / AFP)

Jean Castex annonce qu'il souhaite réunir les partenaires sociaux sur les retraites et décaler la mise en œuvre de la réforme de l’assurance-chômage. Les organisations sociales vont être reçues les unes après les autres, dans un premier temps, avant une réunion globale. "La réforme [des retaites] il faudra la faire, mais arrêtons de mélanger tout et son contraire", a estimé sur franceinfo François Asselin, président de la CPME (Confédération des petites et moyennes entreprises).

"Lorsqu'on s'attend à une rentrée sociale extrêmement délicate, rajouter immédiatement dans le courant de l'été cette réforme en accéléré va braquer beaucoup de syndicats de salariés et certainement fourbir leurs armes pour la rentrée", a-t-il poursuivi.

''Pourquoi modifier des choses qui fonctionnent ?''

La Confédération des petites et moyennes entreprises propose "d'avoir un régime universel de base qui permet d'assurer 1 000 euros contributif, le minimum retraites et au-delà garder trois grandes caisses indépendantes, autonomes, qui sont gérées comme l'Agirc-Arrco pour assurer l'équilibre.'' ''Pour les indépendants et les professions libérales laissons ces caisses complémentaires en place. Pourquoi modifier des choses qui fonctionnent ?", a interrogé François Asselin.

Le réel problème, selon lui, ne concerne pas les salariés ou les indépendants car leurs caisses possèdent des réserves. Ce n'est pas le cas de la fonction publique et des fonctionnaires assimilés pour lesquels subsiste un ''vrai problème de fond'' qu'il s'agira de ''résoudre".

Travailler plus longtemps est inévitable, selon François Asselin. "Si vous voulez que nous partions en retraite à 62 ans, nous aurons des retraités pauvres, avec de toutes petites retraites. C'est mathématique. Donc, la meilleure des mesures et la moins douloureuse serait de travailler un peu plus longtemps." L'âge de départ dépendra "des projections financières'' : ''Cela sera au moins 64 ans", a estimé François Asselin, qui a rendez-vous avec le Premier ministre et la ministre du Travail jeudi en fin de matinée.