Réforme de l'assurance-chômage : "Il ne faut pas la faire, les conditions ne sont absolument pas réunies" plaide la CFE-CGC

Les syndicats, dont la CFE-CGC, rejettent les aménagements de la réforme de l'assurance-chômage proposés par la ministre du Travail.

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Gérard Mardiné, secrétaire général de la CFE-CGC (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

La ministre du Travail Elisabeth Borne va dévoiler ce mardi ses arbitrages pour "adapter" la réforme de l'assurance-chômage à la crise. Des aménagements insuffisants pour les syndicats qui rejettent l'ensemble du texte, à l'exception du "bonus-malus" sur les cotisations des entreprises, contesté, lui, par le patronat. "Il ne faut pas la faire, les conditions ne sont absolument pas réunies", a déclaré ce mardi sur franceinfo Gérard Mardiné, secrétaire général de la CFE-CGC, le syndicat des cadres.

franceinfo : Pourquoi ne voulez-vous pas de cette réforme ?

Gérard Mardiné : Il ne faut pas la faire, les conditions ne sont absolument pas réunies. Les effets de la crise au niveau économique vont se faire sentir pendant plusieurs années. Les simulations faites par l'Unedic montrent qu'au-delà du taux de chômage très élevé que l'on connait en ce moment, il va y avoir plus de 230 000 pertes d'emploi en 2021. Donc il est hors de question de diminuer les allocations chômages pour les faire entrer dans la précarité.

Elisabeth Borne maintient que cette réforme est nécessaire et promet des adaptations. Cette concertation est-elle malgré tout sur la bonne voie ?

Elle part très mal et je conseillerais au gouvernement de mieux s'occuper de comment faire repartir la machine économique dans le sens d'une durabilité des activités. J'ai des collègues qui s'occupent à Belfort pour retrouver des activités industrielles durables dans ce bassin d'emploi. Il faut plutôt que le gouvernement s'investisse dans le redémarrage d'une activité économique plutôt que dans une réforme qui n'a aucune utilité à très court terme. Il y a bien d'autres sujets plus urgents à traiter. On ne peut pas demander aux Français de dépenser leur épargne pour relancer la machine et, d'un autre côté, les inquiéter pour mettre de l'argent de côté et garder leurs économies pour pallier des défauts d'indemnisation lorsqu'ils seront au chômage.

Les cinq syndicats représentatifs ont signé un communiqué pour dire leur désaccord avec le principe de cette réforme. Faut-il repartir sur une page blanche ou est-ce que ce n'est pas le moment ?

Ce n'est pas le moment aujourd'hui. Il faut s'interroger sur ce qu'est une assurance-chômage. C'était un système entièrement géré paritairement il y a encore quelques années et dans lequel le gouvernement essaie de s'introduire au niveau de la gestion. On appelle à une réflexion profonde sur la dette pour rassurer nos concitoyens et faire qu'ils rentrent dans un cycle de vie normale, en particulier en consommant.

Pourquoi le gouvernement ne veut-il pas revoir ce projet ?

Je crois qu'il y a une arrière-pensée politicienne liée au calendrier des élections, en particulier celle de l'année prochaine [l'élection présidentielle]. C'est une réaction peu adulte. Le gouvernement ferait mieux de s'occuper des problèmes majeurs de l'économie et de l'emploi. J'appelle le gouvernement à la raison sur ce sujet.

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