Quand les socialistes s'employaient à lutter contre un renforcement du contrôle des chômeurs

La proposition du ministre du Travail, François Rebsamen, de mieux vérifier si les demandeurs d'emploi sont à la recherche d'un job, a longtemps été critiquée par le PS. D'autant plus que cette idée était, à l'époque, portée par l'UMP.

Le ministre du Travail a demandé à Pôle emploi de vérifier que les chômeurs \"cherchent bien un emploi\".
Le ministre du Travail a demandé à Pôle emploi de vérifier que les chômeurs "cherchent bien un emploi". (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

Plus de contrôles des demandeurs d'emploi. En déclarant, mardi 2 septembre, vouloir vérifier si les chômeurs "cherchent bien un emploi" et en précisant qu'une "sanction" est nécessaire dans le cas contraire, le ministre du Travail François Rebsamen a donné un ton nouveau à la politique sociale menée par le gouvernement. D'autant plus que le Parti socialiste s'opposait pourtant à ce genre d'initiative il y a deux ans encore, lorsqu'elle était soutenue par Nicolas Sarkozy.

Francetv info revient sur les principales prises de position au sujet du contrôle des chômeurs.

2014 : "Renforcer les contrôles pour vérifier que les gens cherchent bien un emploi"

François Rebsamen a demandé, mardi 2 septembre sur i-Télé, à Pôle emploi de "renforcer les contrôles pour vérifier que les gens cherchent bien un travail". Et si les demandeurs d'emploi ne répondent pas aux critères exigés, ils pourraient être tout simplement radiés. Une sanction nécessaire, selon le ministre du Travail, qui a estimé qu'"il n'est pas possible, dans un pays qui est en difficulté, qui veut se redresser, qui porte le travail, d'avoir des gens" qui ne cherchent pas un emploi.

2012 : "Il n'est jamais utile de s'en prendre aux plus fragiles"

François Hollande n'a pourtant pas toujours été favorable à ce genre d'initiative. En février 2012, en pleine campagne présidentielle, il s'oppose au "référendum sur l'indemnisation des chômeurs", proposé par Nicolas Sarkozy. "Il n'est jamais utile pour un président sortant, qui est en échec, de s'en prendre aux plus fragiles", déclare le candidat du Parti socialiste lors d'une visite à Créteil (Val-de-Marne), rappelle Libération. Nicolas Sarkozy voulait, à l'époque, interroger les Français "sur la façon dont on doit considérer le travail et l'assistanat", rapporte le Figaro.

2008 : "Une politique de rigueur systématisée par la droite"

Des sanctions pour les chômeurs refusant "deux offres acceptables" d'emploi. C'est ce que propose Nicolas Sarkozy en 2008, reprenant une de ses promesses de campagne. L'initiative déplaît fortement aux socialistes. "Le projet de renforcement des sanctions contre les chômeurs qui ne retrouvent pas d’emploi, élaboré sans la moindre concertation avec les organisations syndicales, est le dernier avatar de la politique de rigueur systématisée par la droite", affirme le bureau national du parti, dans un communiqué datant du 15 avril. La gauche redoute une "nouvelle vague d'exclusion de demandeurs d'emploi de l'indemnisation chômage".

2005 : "Pour le gouvernement, la lutte contre le chômage est une lutte contre les chômeurs"

Le gouvernement de Dominique de Villepin, en place depuis sept mois, adopte durant les vacances de Noël un décret visant à renforcer le contrôle des demandeurs d'emploi. La réponse du Parti socialiste, par l'intermédiaire de son secrétaire national aux entreprises, Alain Vidalies, ne se fait pas attendre. "Le gouvernement confirme que pour lui, la lutte contre le chômage est d'abord une lutte contre les chômeurs", martèle l'actuel secrétaire d’État chargé des Transports, de la Mer et de la Pêche dans un communiqué publié le 28 décembre 2005. Et d'affirmer que le décret "[encourage] un véritable harcèlement des demandeurs d'emploi", alors que le gouvernement "[cherche] à rogner par tous les moyens les droits des demandeurs d'emploi".