Mesures pour les PME : les frondeurs du PS fustigent le "durcissement libéral" du gouvernement

Ils dénoncent un "cadeau" au Medef, après l'annonce du plafonnement des indemnités prud'homales, accordées en cas de licenciement abusif.

Les députés PS frondeurs Laurent Baumel (G) et Christian Paul (D), à l\'Assemblée nationale, à Paris, le 13 février 2015.
Les députés PS frondeurs Laurent Baumel (G) et Christian Paul (D), à l'Assemblée nationale, à Paris, le 13 février 2015. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

"Ça va bouger côté frondeurs", avait prévenu un élu socialiste lucide. Les mesures destinées à favoriser l'emploi dans les PME, annoncées mardi 9 juin par Manuel Valls, provoquent en effet de nouveaux remous au sein du Parti socialiste. Le plafonnement des indemnités prud'homales, accordées aux salariés licenciés sans cause réelle et sérieuse, suscite de "grosses réserves" parmi les députés PS.

Lors d'une réunion de groupe, plusieurs élus avaient déjà critiqué cette mesure. "A la tribune du congrès du PS, et le Premier ministre et le premier secrétaire ont demandé au patronat de prendre ses responsabilités, et dès le lundi on satisfait à une vieille revendication du Medef", s'est insurgé le frondeur Laurent Baumel.

Si on finit par définir la gauche par le fait qu'elle ne prend pas les mesures les plus à droite, ça pose quand même un problème.Laurent Baumel, député PS d'Indre-et-LoireAFP

Après le discours de Manuel Valls, le député d'Indre-et-Loire a dénoncé l'action du gouvernement, "incapable" de plafonner les "rémunérations des grands patrons", mais qui "s'apprête à plafonner les indemnités des chômeurs".

"Une brûlure ineffaçable jusqu'en 2017"

C'est la mesure qui crispe le plus l'aile gauche du PS. Pour Christian Paul, le plafonnement des indemnités prud'homales constitue "une faute grave et même une brûlure ineffaçable jusqu'en 2017", prévient-il dans un entretien au Figaro. Et de dénoncer le "durcissement libéral" du gouvernement.

Un reproche partagé par la sénatrice PS de Paris Marie-Noëlle Lienemann, qui s'inquiète du sort des salariés, quand Manuel Valls "veut réduire l'incertitude patronale liée aux licenciements"

La sénatrice estime en outre que le gouvernement tente d'imposer des "décisions refusées par tous les syndicats". Elle dénonce, toujours sur Twitter, une "prime à la délocalisation".

Un "cadeau" pour le Medef

Tandis que le Premier ministre s'enorgueillit d'avoir préservé le CDI, Mehdi Ouraoui, membre du conseil national du PS, ironise sur le "cadeau" de Manuel Valls à l'organisation patronale, le taclant au passage sur son voyage en Falcon pour assister à un match de football à Berlin.