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Croissance : l'Insee constate une reprise, mais insuffisante pour relancer l'emploi

Le PIB français devrait croître de 0,2% en 2013. Une hausse trop limitée pour entrevoir une inversion à court terme de la courbe du chômage.

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"L'éclaircie se confirme" pour l'économie française, mais pas encore au point de véritablement relancer l'emploi, selon l'Insee. (LOIC VENANCE / AFP)

Un tableau en demi-teinte. Les dernières projections de l'Insee, publiées jeudi 3 octobre, estiment que "l'éclaircie se confirme" pour l'économie française, mais pas encore au point de véritablement relancer l'emploi, ni de doper les investissements.

La France vers la sortie de crise

Le Produit intérieur brut français, après une hausse surprise de 0,5% au deuxième trimestre, va stagner au troisième (+0,0%) puis reprendre des couleurs au quatrième (+0,4%), détaille l'Institut national de la statistique et des études économiques. En moyenne en 2013, l'activité économique devrait progresser de 0,2%, soit un peu mieux qu'espéré par le gouvernement (+0,1%), un "faible écart qui masque une nette accélération au cours de l'année".

Le coup de mou au troisième trimestre, qualifié de "tout à fait naturel" par l'Insee s'explique en particulier par la météo, clémente cet été. Au premier semestre au contraire, les températures fraîches avaient dopé les dépenses de chauffage, et donc l'activité économique.

La France devrait officiellement retrouver en fin d'année le niveau de PIB, en volume, qu'elle affichait avant la crise, au début de l'année 2008. Jusqu'ici, l'Allemagne est seule, parmi les principaux pays européens, à y être parvenue.

Une reprise fragile et insuffisante

"Cela ne veut pas dire que la crise est effacée", avertit toutefois Cédric Audenis, chef du département de la Conjoncture de l'Insee, qualifiant notamment d'"incertaine" la perspective pour 2014, année pour laquelle l'Insee n'a pas donné de prévision. Par ailleurs, les projections pour le deuxième semestre 2013 sont assorties d'un luxe de précautions : les perspectives des pays émergents sont "plus fragiles que d'habitude"; la zone euro, même si elle sort de l'ornière, pourrait voir sa reprise "piétiner". Sans compter l'épée de Damoclès américaine, avec la double incertitude sur l'issue de la crise budgétaire et la politique monétaire à venir de la Réserve fédérale.

Malgré la sortie de récession, l'économie française n'est pas encore en mesure de nourrir réellement ni les investissements, ni l'emploi. L'Insee table au mieux sur une stabilisation du chômage au quatrième trimestre, sans entrevoir encore l'inversion promise par le président François Hollande. En hausse depuis huit trimestres, le taux de chômage progresserait de 0,1 point au troisième trimestre et atteindrait 10,6% en métropole (11% départements d'Outre-mer compris), et resterait à ce niveau au trimestre suivant. "Ce qui stabilise le taux de chômage entre le troisième et le quatrième trimestre, ce sont les emplois aidés", a commenté devant la presse Laurent Clavel, responsable de la synthèse conjoncturelle de l'institut. Pour compenser l'augmentation naturelle de la population active et faire diminuer le chômage, "il faudrait créer plus de 30 000 emplois par trimestre", a-t-il rappelé.

Moscovici envisage une croissance supérieure à 0,9% en 2014

Bercy s'est immédiatement félicité du constat de l'Insee. "Si la tendance anticipée par l'Insee se confirme au cours des prochains trimestres, notre prévision de croissance de 0,9% pour 2014 pourra être dépassée", a réagi le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici.

Le ministre estime en outre que l'objectif d'inversion de la courbe du chômage "semble plus que jamais à portée de main". Il y voit les "fruits" de la stratégie du gouvernement pour l'économie française et pour l'emploi. "Mais il est clair que nous ne nous satisferons pas d'une stabilisation ou d'une baisse ponctuelle: notre objectif, comme l'a rappelé le Président de la République, est bel et bien la reprise durable de la croissance et l'inversion définitive de la courbe du chômage".

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