Explosion du nombre de bénéficiaires du RSA : "Beaucoup d’emplois précaires et peu qualifiés ont été détruits" avec le Covid-19, explique la Fnars

Plus de 2 millions de Français percevaient le RSA fin octobre, une conséquence de la crise sanitaire, selon la Fédération des acteurs de la solidarité qui demande plus d'accompagnement par les départements et une réforme structurelle.

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Florent Gueguen, directeur de la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS). (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

"Beaucoup d’emplois précaires et peu qualifiés ont été détruits en 2020. Tout cela alimente l’augmentation de la pauvreté en France", a indiqué mercredi 23 décembre sur franceinfo Florent Guéguen, directeur de la Fédération des acteurs de la solidarité (Fnars), pour expliquer l’explosion du nombre de bénéficiaires du RSA. Fin octobre, 2 070 000 Français ont touché le Revenu de solidarité active (RSA), d’un montant de 565 euros, versé par les départements. Cela représente une hausse de 8,5% sur un an, du jamais vu depuis la création de l’allocation. Le tableau de bord du ministère des Solidarités et de la Santé montre que le nombre de bénéficiaires a grimpé dès le mois de mars, avec le confinement, et que la hausse a été continue jusqu’à fin août en raison de la forte détérioration du marché du travail liée à l'épidémie de Covid-19.

franceinfo : Partagez-vous le constat du ministère et de son tableau de bord ?

Florent Guéguen : Ce sont les remontées des associations de lutte contre l’exclusion qui accompagnent ceux qui basculent vers le RSA. 8,5% d’augmentation, c’est en plus une moyenne. Je pense au département de la Seine-Saint-Denis où le taux peut monter à 15%. Beaucoup d’emplois précaires et peu qualifiés ont été détruits en 2020. Tout cela alimente l’augmentation de la pauvreté en France, il y a une perte de ressources lorsqu’on bascule vers le RSA. N’oublions pas que c’est seulement 560 euros, le montant est gelé depuis 2017.

Qui sont ces nouveaux pauvres en France ?

Ceux qui basculent sont ceux qui n’ont pas été protégés par le chômage partiel par exemple. Pensons aux travailleurs pauvres qui sont un nouveau public pour le RSA. Il y a la population jeune, à partir de 26 ans, ceux qui ont perdu des activités. Sans parler des 18-25 ans qui n’ont pas d’aides sociales.

Des aides ont pourtant été mises en place. Ce n’est pas suffisant ?

Ce sont des aides ponctuelles, versées en une seule fois, de 100 à 150 euros par mois. Ce n’est pas avec cela qu’on va régler les problèmes et les dépenses essentielles. Il faut des réformes structurelles. Il faut aussi accompagner les bénéficiaires du RSA, qui peuvent y rester longtemps, et cela sera très difficile d’en sortir. Il faut que les départements, qui ont la charge du RSA et les associations proposent davantage d’accompagnement.

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