Réforme de l’assurance-chômage : "Le gouvernement a tort et s'apprête à mener une réforme totalement injuste", estime la CFDT

La réforme de l'assurance-chômage entrera en vigueur le 1er octobre 2021 et entraînera une baisse d'indemnités pour les demandeurs d'emploi ayant alterné des périodes travaillées et des périodes de chômage.

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Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT sur franceinfo, jeudi 27 mai 2021. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

"Le gouvernement a tort et s'apprête à mener une réforme totalement injuste", a déclaré sur franceinfo Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, alors que la réforme de l’assurance-chômage entrera en vigueur le 1er octobre 2021. Les syndicats CFDT, CGT et Force ouvrière ont confirmé vendredi 17 septembre être prêts à déposer un nouveau recours contre la réforme controversée de l'assurance-chômage, après l'envoi jeudi soir aux partenaires sociaux du nouveau projet de décret durcissant le calcul de l'allocation chômage.

"Sous prétexte d'équité on fait de la régression sociale pour des chômeurs qui sont indemnisés parce qu'ils subissent de la précarité."

Laurent Berger

à franceinfo

franceinfo : Pourquoi êtes-vous contre cette réforme ?

Laurent Berger : Le gouvernement a tort et s'apprête à mener une réforme totalement injuste. Il y aura plus d'iniquité. Les personnes qui auront travaillé une même durée et pour un même salaire mais selon un rythme différent toucheront des allocations d'un montant très différent. C'est totalement injuste. Ce que prévoit ce gouvernement ce sont des mesures qui contreviennent aux principes assurantiels du régime d'assurance-chômage en prenant en compte des périodes non travaillées. La CFDT décidera lundi si elle attaque devant le Conseil d'État.

Vous ne croyez pas la ministre du Travail quand elle déclare que cela apportera plus d'équité ?

Cette réforme va baisser l'indemnisation d'un million de demandeurs d'emploi. Quand on parle d'équité il faut avoir un peu de pudeur. Ce dont on parle c'est de la baisse d'allocations pour des demandeurs d'emploi qui touchent en moyenne entre 700 et 900 euros par mois d'allocation chômage.

"Il y aura une différence de traitement entre les demandeurs d'emploi, disproportionnée et injuste."

Laurent Berger

à franceinfo

Certains chômeurs renoncent-ils à travailler parce qu'ils gagnent plus avec l'assurance-chômage, comme le dit Elisabeth Borne ?

Il faut arrêter avec ça. Les personnes au chômage ne sont pas des profiteurs. C'est totalement faux. Ce dont elle parle c'est des allocataires de l'assurance-chômage qui pour 50% d'entre eux ont une allocation qui est de moins de 860 euros par mois. Au bout d'un moment, il faut un peu de décence. On fait peser la précarité qui est imposée aux salariés par des entreprises et des secteurs professionnels qui préfèrent abuser des contrats courts plutôt que d'embaucher en contrats longs. Cette réforme va entrer en vigueur à un moment où les charges fixes vont augmenter pour tous les Français [prix des carburants et du gaz].

Comment se passent vos entretiens avec la ministre ?

On se dit que c'est un dialogue de sourds, que c'est faux. On n'est pas d'accord, on n'arrive pas à les faire changer d'avis. Ils cèdent à une espèce d'opinion qui existe qui dit que les chômeurs seraient des profiteurs et que c'est de leur faute s'ils sont au chômage. C'est déplorable.

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