"C'est le physique qui est atteint" : des salariés de la Défense racontent leur "hyperstress" au travail

Une étude publiée lundi estime que 25 % des salariés français sont dans un état "d'hyperstress". Rencontre avec des employés du quartier de la Défense qui se sentent particulièrement concernés par ces symptômes. 

Une salariée de la Défense prend sa pause, cigarette à la main, le 27 novembre. Selon une étude publiée lundi, 25 % des salariés français seraient dans un état \"d\'hyperstress\". 
Une salariée de la Défense prend sa pause, cigarette à la main, le 27 novembre. Selon une étude publiée lundi, 25 % des salariés français seraient dans un état "d'hyperstress".  (ROMAIN DEZEQUE / RADIOFRANCE)

Un quart des salariés français sont dans un état d'"hyperstress", c'est-à-dire à un niveau de stress trop élevé qui met leur santé en danger, selon une étude révélée par franceinfo lundi 27 novembre. Le fait de "devoir traiter des informations complexes et nombreuses" et le manque de temps sont notamment mis en cause par les personnes interrogées.

Les femmes sont plus touchées que les hommes. Les secteurs de la santé, les services et les activités financières et d'assurances sont les plus concernés. Dans le quartier d'affaires de la Défense, à Paris, certains salariés se sentent directement concernés par cette notion d'"hyperstress".

Fatigue, hypertension, problèmes cardiaques

La cigarette à la main, Céline* fait sa pause dans le quartier de la Défense, avec son amie. Ces quelques minutes sont pour elle l'occasion de "pouvoir parler, s'aérer". Elles représentent un moment de répit pour cette femme qui a déposé deux arrêts de travail en 2017. Elle liste les symptômes qui l'ont menée à ces arrêts : "La fatigue, l'hypertension, des problèmes cardiaques..." Elle se souvient surtout d'une "grosse fatigue". Elle estime ne pas avoir eu le choix si elle voulait protéger sa santé. "Quand le corps dit stop et que le médecin dit 'ce n'est plus possible, il faut s'arrêter', vous êtes obligé de le faire à un moment donné parce que c'est le physique qui est atteint."

Les symptômes de Céline sont présents depuis deux ans. Cela correspond, selon elle, à un changement de direction et à un management de plus en plus oppressant. Elle vit mal la "surcharge de travail et aussi la non-considération de votre travail". L'urgence est très présente dans le quotidien de cette salariée. "On n'a pas le temps de tout faire tellement la charge est énorme." Elle déplore également le manque de considération de son travail.

Vous avez beau donner le meilleur de vous-même, ce n'est pas reconnu. Les salariés sont un peu des numéros alors qu'ils prennent leur travail à coeurCéline, salariée dans le quartier de la Défenseà franceinfo

Un impact sur la vie de famille

Si Frédéric n'a pas été directement confronté à cette ambiance au travail, sa femme l'a bien connue. "Elle travaillait sur un plateau et devait tout gérer de façon rapide", se souvient-il. Elle a vécu une véritable course contre la montre. "Tout le monde doit se dépêcher, tout le monde doit réaliser ses objectifs." 

Cette organisation du travail et ce stress permanent ont eu un impact important sur la vie de sa femme, qui ne prenait "pas de plaisir à travailler", selon Frédéric. "Quand on rentrait le soir, elle était fatiguée, désabusée." En contrepartie de ce cadre de travail, sa femme percevait un salaire proche du Smic. "Heureusement que j'étais là pour en parler avec elle", assure Frédéric.

*Le prénom a été modifié.