Amnesty International : plusieurs dirigeants quittent l'ONG après une enquête révélant un environnement de travail "toxique"

Cette réorganisation fait suite à la publication, fin janvier, d'un rapport indépendant commandé après le suicide de deux employés de l'ONG en trois mois.

Le logo de l\'ONG Amnesty International projeté sur le Palais Bourbon à Paris, le 18 juin 2018. 
Le logo de l'ONG Amnesty International projeté sur le Palais Bourbon à Paris, le 18 juin 2018.  (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

Plusieurs dirigeants d'Amnesty International vont quitter leurs fonctions ces prochains mois, a annoncé l'ONG de défense des droits de l'homme à l'AFP, mardi 28 maiCes départs font suite à une enquête externe révélant un environnement de travail "toxique" au sein de l'organisation.

Cinq des sept membres de la direction générale de l'ONG doivent partir d'ici le mois d'octobre, a précisé un porte-parole. Une équipe de transition prendra le relais avant la mise en place d'une nouvelle équipe dirigeante, réduite à quatre membres. 

Deux suicides d'employés

Cette réorganisation fait suite à la publication, fin janvier, d'un rapport indépendant commandé après le suicide de deux employés de l'ONG en trois mois. Roz McGregor, une Britannique de 28 ans qui effectuait un stage rémunéré au bureau d'Amnesty à Genève, s'est suicidée au début de l'été 2018, quelques semaines après Gaëtan Mootoo, 65 ans, retrouvé mort le 26 mai 2018 dans les locaux parisiens de l'ONG.

Le rapport d'enquête avait révélé qu'il était souvent soumis à des niveaux de stress très importants. Il avait identifié des "failles dans la culture organisationnelle et le management" comme étant les "principales causes" du mal-être du personnel. "L'environnement de travail est souvent décrit comme 'toxique'", soulignait le rapport.

"Une culture du secret et de la méfiance"

"Il est profondément troublant de lire des témoignages évoquant une culture du secret et de la méfiance, où la discrimination, l'intimidation et les abus de pouvoir ont été tolérés", avait réagi fin janvier secrétaire général de l'ONG, Kumi Naidoo, jugeant qu'il était "temps de réagir". De son côté, la Direction générale avait assumé une "responsabilité collective".