Politique : la menace de dissolution de l'Assemblée autour de la réforme des retraites, un pari dangereux pour l'exécutif ?

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Politique : la menace de dissolution de l'Assemblée autour de la réforme des retraites, un pari dangereux pour l'exécutif ?
Article rédigé par
A. Mezmorian, C. Motte, C. Cormery, L. Le Moigne, M. Peignier, C. de Bellefontaine, J. Blondel, C. Berbett Justice - France 3
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Emmanuel Macron a menacé de dissoudre l'Assemblée nationale, si les oppositions votaient une motion de censure sur le texte de la réforme des retraites. Quatre mois après les élections législatives et sans majorité absolue, s'agit-il d'un coup de bluff de la part du président ?

La politique est une affaire de rapport de force. Cela s'illustre chaque jour un peu plus sur la réforme des retraites souhaitée par Emmanuel Macron. Mercredi 28 septembre, lors d'un dîner, le président prévenait la majorité : en cas de motion de censure, il dissoudra l'Assemblée nationale. L'objectif est de faire pression sur les Républicains, censés soutenir le report de l'âge légal. "Ce n'est pas très glorieux pour lui de commencer par des menaces", estime Olivier Marleix, président du groupe LR à l'Assemblée nationale. Les députés LR pourraient-ils s'entendre sur une motion de censure commune avec la NUPES et le Rassemblement national, pour atteindre 289 députés ? Un tel attelage politique semble improbable.

À quoi joue Emmanuel Macron ?

Pour la NUPES, on fait mine de voir dans la menace une opportunité. "Nous, nous aspirons toujours à gouverner. (…) À chacun des textes qui est proposé, nous ne faisons pas que nous opposer, nous proposons", commente Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l'Assemblée nationale. La dissolution reste une arme à double tranchant, dont on ne maîtrise pas toujours l'effet. "Le chef de l'Etat serait probablement celui qui aurait le plus à perdre. Tout bêtement parce qu'une élection législative en pleine réforme des retraites, avec une opinion dont on voit qu'elle est fondamentalement, à tort ou à raison, cristallisée contre cette réforme, ce serait très probablement une sorte de référendum contre la réforme", analyse Benjamin Morel, maître de conférences en droit public à l'université Paris 1.

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