"Je n'ai pas envie de fêter Noël parce que je n'ai pas les moyens", souffle une retraitée "gilet jaune"

Les "gilets jaunes" ne décolèrent pas au lendemain des annonces faites par Édouard Philippe. Parmi les déçus, les retraités se sentent oubliés. C'est le cas d'Andrée Lopez qui tracte sur la route malgré sa hanche douloureuse.

Depuis qu'elle a enfilé son gilet jaune, elle vient tous les jours au péage du Cannet-des-Maures (Var). On y croise beaucoup de séniors que le gouvernement n'arrive plus à convaincre. Andrée Lopez a 71 ans, elle a commencé à travailler à l'âge de 18 ans dans l'hôtellerie et la restauration. Les travaux de sa petite maison près de Gonfaron (Var) commencés en 2011 ne sont pas terminés, et ce sont ses amis qui lui ont fourni ses meubles. "Madame Macron, la vaisselle elle lui plaît pas elle la change, avec nos sous, souffle-t-elle. Et nous avec nos sous, on ne peut pas se le payer, ni changer la vaisselle, ni changer les meubles. Voilà, le problème il est là aussi"

Une "gilet jaune" prête pour la révolution

Entre sa retraite et la pension de son mari, Andrée Lopez touche 1 100 euros par mois avec lesquels elle doit payer le crédit de sa maison et les autres factures mensuelles. Il ne lui reste donc pas grand-chose pour gâter sa famille. À l'approche des fêtes de fin d'année, elle affirme n'avoir pas "envie de fêter Noël parce que je n'ai pas les moyens". Si elle n'était pas présente pour les manifestations de mai 68, Andrée Lopez y est cette fois. Elle promet "de faire la révolution". La manifestante reviendra demain aux côtés des autres "gilets jaunes".

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Des manifestants dans les rues de Narbonne (Aude) contre la hausse des prix du carburant, le 9 novembre 2018. (IDRISS BIGOU-GILLES / HANS LUCAS / AFP)