Annonces d'Emmanuel Macron : "Je ne vois pas le problème de dire qu'on s'est trompé" estime le député LREM Patrick Vignal

Le président de la République doit faire des annonces ce soir, après la fin du grand débat national.

Patrick Vignal en compagnie d\'Emmanuel Macron, le 27 mai 2016 à Lunel.
Patrick Vignal en compagnie d'Emmanuel Macron, le 27 mai 2016 à Lunel. (SYLVAIN THOMAS / AFP)

"On s'est trompé, il y a eu des maladresses qu'il faut maintenant réparer" reconnaît lundi 15 avril sur franceinfo le député LREM de l'Hérault Patrick Vignal avant les annonces, le soir, d'Emmanuel Macron. Il attend du président qu'il donne la priorité aux retraités et à la relance de l'économie.

franceinfo : Quand l'entourage du président explique qu'Emmanuel Macron prépare des surprises, qu'il veut renverser la table, qu'est-ce qu'il faut comprendre selon vous ?

Patrick Vignal : On a une crise qui est la plus difficile à résoudre parce qu'elle est installée depuis longtemps. Si je résume la décennie, c'est morosité, lassitude et méfiance, donc on ne pourra pas faire des petites mesures catégorielles. C'est toute une philosophie nouvelle qu'il faut avoir. Je nous invite à un vrai débat, un vrai défi. On va installer un calendrier et je pense, effectivement, qu'il y a eu des maladresses pendant 20 mois. Ces maladresses, il faut les réparer et il faut à la fois muscler la jambe droite et la jambe gauche.

Un virage à gauche est, selon vous, inévitable ? 

Ce n'est même pas un virage à gauche, c'est avoir la réflexion sur la fiscalité, savoir à quoi elle sert. La nouveauté c'est que les gens veulent savoir où va le moindre euro d'impôt. Il faudra mettre en place le RIC, le référendum d'initiative citoyenne, faire avec les gens, mais de façon encadrée. Je pense qu'on a vraiment là l'occasion de penser autrement, on a l'occasion d'arrêter le chacun pour soi qui va rassembler l'envie de faire ensemble et l'envie de vivre ensemble. Cela ne sera pas facile, ce sera long, il faudra la confiance et la transparence.

Quelle mesure prioritaire ?

La première, ce sont les retraités. On est allé trop loin avec les retraités. Après, il faut voir quel niveau de seuil. Moi je fais partie de ces parlementaires qui ont demandé que quand un retraité a moins de 2 000 euros par mois, il n'y ait pas d'augmentation de 1,7 point de CSG, mais il faut débattre avec les Français.

Cela veut dire qu'il faut réindexer aussi les plus petites retraites ?

C'est obligatoire. Le problème du politique, c'est qu'on a du mal à dire "je me suis trompé", c'est cela aussi qu'il faut changer. Oui, peut-être qu'on s'est trompé sur les retraites, oui, on s'est trompé sur les cinq euros d'APL. Il faut réindexer les retraites et relancer l'économie. On ne peut pas avoir des travailleurs pauvres qui vivent encore chez leurs parents. Il faut relancer l'économie, il faut baisser les charges des entreprises, il faut donner une vision d'espérance aux Français. Et puis, enfin, il ne faut pas avoir peur de donner un permis de chasser à nos conseillers d'impôts parce qu'aujourd'hui, il y a des niches fiscales à aller chercher. Il y a des gens qui devraient payer un peu plus d'impôts, je pense aux GAFA [acronyme pour Google, Apple, Facebook, Amazon], je pense aux niches patrimoniales, aux niches fiscales, il y a des leviers à aller chercher et il faudra être courageux.

Si on revient sur les retraites, les pensions, c'est un coup porté à la politique de Matignon, est-ce qu'Edouard Philippe pourra rester Premier ministre si le chef de l'Etat fait ces annonces ?

Je n'ai pas fait de la politique pour régler des comptes, mais pour régler des problèmes, si on s'est trompé, je ne vois pas le problème de dire qu'on s'est trompé. Quand on est capable de lâcher prise, ce n'est pas abdiquer. Je pense qu'effectivement on est allé trop loin au début du quinquennat et qu'il faut remettre un peu la boussole au centre.

Et si Emmanuel Macron vous déçoit ce soir, vous seriez prêt à quitter La République en Marche ?

Soit le président a trouvé les leviers nécessaires pour qu'on puisse redémarrer et je serai ravi, soit on n'a pas trouvé ces leviers et je me battrai avec encore plus d'énergie. Moi je me suis engagé en politique pour changer les choses et pour changer le monde, et je le dis à certains qui auraient envie de quitter le navire, c'est ma famille, je l'aime, mais je lui dis ce que je pense parce que je l'aime.