L'allongement du congé paternité ne suffira pas pour "faire reculer les inégalités professionnelles" estime l'économiste Hélène Périvier

Selon Hélène Périvier, le fait d'imposer au moins sept jours de congés paternité est "une bonne chose".

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Un père et son bébé à leur domicile de Charenton-le-Pont le 13 avril 2021. (CAMILLE CIER / HANS LUCAS)

La durée du congé pour le père ou le second parent d'un enfant à naître ou adopté passe de 14 à 28 jours, dont sept obligatoires. "Un progrès", estime Hélène Périvier, économiste, directrice du pôle "évaluation des politiques sociales et familiales" de l’OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques) et du programme PRESAGE de recherche et d'enseignement sur le genre. Mais selon cette membre du Haut conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge et auteure de “L’économie féministe” publié en 2020 aux Presses de Sciences Po, "il faudra certainement aller plus loin".

"C'est un progrès du point de vue des droits du second parent, estime-t-elle, Cela va permettre d'avoir plus de temps au moment de l'arrivée de l'enfant pour que chacun des deux parents puisse trouver sa place". Selon elle, cela va également avoir un impact positif sur la vie professionnelle des femmes.

Il y a un vrai enjeu en matière de politique publique pour essayer de permettre aux femmes de revenir plus rapidement sur le marché du travail mais aussi aux pères de s'investir davantage dans la sphère domestique, et c'est une attente de beaucoup de pères.

Hélène Périvier, économiste

franceinfo

Mais selon elle cela ne suffira pas pour "bouleverser l'organisation des familles et pour faire reculer les inégalités professionnelles". Il faudrait selon elle, "une refonte des politiques publiques comme les congés parentaux, l'accueil des jeunes enfants, pour que, vraiment, on puisse avoir un impact assez fort sur le marché du travail." Aujourd'hui sept pères sur dix utilisent leur congé paternité. Pour Hélène Périvier le fait d'imposer de prendre sept jours minimum est une bonne chose, "dans une optique de protection des travailleurs" car "c'est couper court à toute possibilité de négociation ou de pression pour qu'un père ne puisse pas prendre ce congé."

Un dispositif qui n'avait pas été changé depuis les années 2000

Avec cette nouvelle disposition, la France rattrape son retard par rapport aux autres pays européens. "Il était temps de modifier ce dispositif qui n'avait pas été changé depuis sa création dans les années 2000, juge l'économiste, Donc il fallait faire ce rattrapage très important qui nous place simplement dans la moyenne de ce que font nos partenaires européens. En terme d'ambition, il faudra certainement aller plus loin".

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