Mobilisation du 12 septembre : les forains se joignent au mouvement, mais pas contre la réforme du Code du travail

A l'appel du "roi des forains" Marcel Campion et de plusieurs syndicats, la profession manifeste mardi 12 septembre, jour de mobilisation nationale contre la réforme du Code du travail, contre une ordonnance d'avril 2017 qui la touche directement.

Surnommé \"le roi de forains\", Marcel Campion, 77 ans, est  président de l’Institut du monde festif. A la tête de la foire du Trône à Paris, il organise la fête foraine du jardin des Tuileries et la fête à Neu-Neu du Bois de Boulogne. Il est aussi le propriétaire de la grande roue place de la Concorde et organise (ou organisait) le marché de Noël sur les Champs Élysées.
Surnommé "le roi de forains", Marcel Campion, 77 ans, est  président de l’Institut du monde festif. A la tête de la foire du Trône à Paris, il organise la fête foraine du jardin des Tuileries et la fête à Neu-Neu du Bois de Boulogne. Il est aussi le propriétaire de la grande roue place de la Concorde et organise (ou organisait) le marché de Noël sur les Champs Élysées. (BERTRAND GUAY / AFP)

La CGT, FSU et Solidaires ont appelé salariés et fonctionnaires à une journée nationale de grève et de manifestation, mardi 12 septembre, contre la réforme par ordonnances du Code du travail. Une journée de mobilisation à laquelle ont décidé de se joindre les forains, à l'appel de l'un de leur porte-parole, le très connu Marcel Campion.

>>  DIRECT.  Réforme du Code du travail

Dans une lettre ouverte intitulée Fête foraine et lutte finale, celui que l’on surnomme "le roi des forains" a appelé à bloquer Paris, Lyon, Marseille et le Havre et prévenu que les forains seraient en première ligne "dans toutes les prochaines bataille de la guerre sociale en cours"

"On ne veut pas être pris dans cette ubérisation" 

Pas un mot en soi sur le Code du travail, mais la mise en cause en filigrane d’une ordonnance du 19 avril dernier, entrée en vigueur le 1er juillet. S’ils ont prévu de rejoindre les cortèges de la CGT, les forains entendent surtout dénoncer cette ordonnance qui les concerne au premier chef puisqu’elle impose aux municipalités d'organiser un appel d'offres pour tous les emplacements publics d'animation. "On ne veut pas de ça, a déclaré Marcel Campion à franceinfo. La maire de Paris a commencé à écrire aux forains pour faire les appels d’offres et ça, c’est hors de question."

Le monde forain ne l’acceptera pas parce que c’est la mort de nos métiersMarcel Campionà franceinfo

Et certains se sont levés très tôt mardi pour faire barrage. A Paris, huit camions étaient à l'arrêt dès 6h00 du matin au milieu du carrefour de la place de la Concorde. Sur les tee-shirts des manifestants, un slogan : "35 000  familles, 200 000 emplois en danger". Parmi eux, Catherine, 51 ans, explique à franceinfo : "lls sont en train de nous enterrer. Les appels d’offres vont monter jusqu’à combien ? Et si ça double le prix de la place ? On ne peut pas suivre, c’est impossible", s’inquiète la foraine. Pour Marcel Campion, il s’agit ni plus ni moins que d’une "ubérisation" du métier. "C’est une mise en concurrence au profit des grands groupes qui prendront les emplacements et après on travaillera pour eux, c’est hors de question. Ça n’a jamais existé pour la profession foraine", tempête-t-il.

Les forains demandent une dérogation

L’ordonnance du 19 avril 2017 fait évoluer les règles qui concernent l’occupation privative de ce qui dépend du domaine public, dans la lignée d’une jurisprudence européenne, et en revenant sur ce qu’avait tranché un arrêt du Conseil d’Etat. L’ordonnance précise que certains titres d’occupation privative du domaine public doivent désormais être mis en concurrence lorsque le but est d’utiliser cet emplacement à des fins d’exploitation économique. Bref, oblige dans certains cas à organiser un appel d’offres avec des candidats sélectionnés de manière impartiale et transparente. La fin, dénoncent certains forains, d’une tradition où ils revenaient au même endroit chaque année, de père en fils.

Les forains mobilisés, Marcel Campion en tête, demandent à bénéficier d'une dérogation à cette ordonnance. Ils souhaitent être reçus à Matignon.