Loi Travail : Hollande envisage d'interdire les manifestations si la sécurité n'est pas garantie

François Hollande a annoncé, mercredi 15 juin en Conseil des ministres, qu'il n'y aurait plus d'autorisation de manifester si la préservation des "biens et des personnes" ne pouvait être "garantie".

François Hollande, le 15 juin 2016 à l\'Elysée.
François Hollande, le 15 juin 2016 à l'Elysée. (JACKY NAEGELEN / AFP)

Les syndicats vont-ils pouvoir continuer à descendre dans la rue contre la loi Travail ? François Hollande a annoncé, mercredi 15 juin en Conseil des ministres, qu'il n'y aurait plus d'autorisation de manifester si la sécurité n'était pas garantie. Ces propos ont été rapportés par le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, à l'issue du Conseil des ministres et au lendemain de nouvelles violences lors d'une manifestation à Paris contre la loi Travail.

"A un moment où la France accueille l'Euro, où elle fait face au terrorisme, il ne pourra plus y avoir d'autorisation de manifester si les conditions de la préservation des biens et des personnes et des biens publics ne sont pas garantis", a déclaré le porte-parole du gouvernement.

"Les conditions dans lesquelles on autorise une manifestation sont une discussion entre les organisateurs et les autorités représentant l'Etat. Si les conditions ne sont pas réunies pour protéger les biens personnels ou publics, et pour l'instant elles ne le sont pas, à ce moment-là les décisions seront prises au cas par cas de ne pas autoriser les manifestations", a-t-il insisté.

Stéphane Le Foll a également déploré que les violences de la veille à Paris, en particulier contre l'hôpital Necker qui accueille des enfants, n'aient "suscité aucune condamnation de la part de M. Martinez".

Valls demande l'arrêt des défilés à Paris, la CGT lui répond

Mercredi matin, Manuel Valls avait déjà appelé la CGT à ne plus organiser de grandes manifestations dans Paris, assurant que le gouvernement prendrait "ses responsabilités au cas par cas". Le Premier ministre, qui était interrogé sur France inter, a fustigé des casseurs "plus nombreux que d'habitude, 700 à 800", "qui voulaient sans doute tuer" des policiers, et "une attitude ambigüe du service d'ordre de la CGT qui n'assume plus ses responsabilités".

La centrale syndicale a jugé "inacceptables" les propos de Manuel Valls. "C'est en marge du cortège de cette manifestation, déposée par les organisations et validée par la Préfecture de police de Paris, que des bandes de casseurs se sont à nouveau livrées à des exactions que la CGT a d'ailleurs condamnées officiellement", écrit la CGT dans un communiqué. "Menacer d’interdire les manifestations est le signe d'un gouvernement aux abois", poursuit le syndicat, qui estime qu'"il n'est pas de la responsabilité des manifestants d’assurer la sécurité dans et autour d’une manifestation autorisée par la Préfecture de police".